18 juillet 2006
Noirs d'Amérique Latine
Textes traduits de l'Espagnol témoignant du passé et du quotidien des Noirs d'Amérique Latine.
Lorsque débute l’importation des noirs esclaves africains vers 1501, parmi les nombreuses ethnies qui furent alors introduites à Cuba, on retrouve ceux qu’on appelle carabalíes, les ashanti et les congos, mais aucune d’elles plus importante en nombre que les yorubas, qui venaient de l’ancien Dahomey, du Togo et d’une grande partie du sud ouest du Nigeria. La suite sur le blog Noirs d'Amérique latine.
Commentaires
contre la lacheté
LETTRE OUVERTE AUX NOIRS DE FRANCE D’AFRIQUE ET DE LA DIASPORA
Mesdames, Messieurs, chers représentants politiques Noirs, chers frères et sœurs Noirs de France et de la diaspora,
Méditant depuis quelques jours sur la situation kafkaïenne que je vis bien malgré moi, je m’attendais avec la suite des évènements de ces derniers jours à ce que les détracteurs officiels de Kémi SEBA lancent un communiqué officiel de victoire avec la dissolution de la tribu KA.
Je m’attendais à ce que KARAM, LOZES, SOPO, Sarkozy, le Bétar, la LDJ etc. pour ne citer que ceux-là sabrent le champagne et fêtent en grande pompe le coup d’arrêt porté à Kémi SEBA et les siens. Kémi SEBA et la Tribu KA qui se sont voulus les défenseurs d’un combat honorable visant la dignité du peuple Kémite et son droit à s’autodéterminer au même titre que tous les autres peuples.
Si aucune cérémonie officielle n’a été donnée, si aucun signe de joie patent n’a été mis en évidence malheureusement, c’est la preuve que cette dissolution est le résultat de la grande lâcheté qui habite les spécialistes des coups bas, les lâches. Cette dissolution est l’œuvre des couleuvres de la condition humaine.
Si au lieu des effusions de joie à peine feutrées et des quintes de rires bêtes on n’a rien vu d’officiel de la part de ceux qui ont juré de servir, de ravaler leur dignité humaine et de rester au stade de grands dadais pour plaire à leurs maîtres c’est parce que le communiqué sur la dissolution de la tribu KA n’est pas un communiqué de mort mais de vie. Il est synonyme pour les vrais patriotes noirs et non les laquais de l’occident, du passage à une autre étape. Dorénavant, le combat mené par les tribus KA sera celui de la clandestinité et n’aura plus un visage tout choisi pour cible mais deviendra j’en suis persuadé une sorte de nébuleuse difficile à localiser dans l’espace et le temps. Cette nébuleuse se dotera de moyens divers et variés pour répondre aux défis qu’impose la survie collective.
Si la dissolution de la tribu KA que nous regrettons somme toute nous apparaît avant tout comme la conséquence directe de la somme des erreurs de Kémi SEBA et son désir maladif de personnifier ce combat, le résumant à sa seule et unique personne, il est également ne vous en déplaise le résultat prévisible de notre indifférence collective, de notre peur congénitale et de notre lâcheté collectivement assumée.
Aucune marche, aucune velléité contestataire n’a été observée nulle part suite à cette dissolution. Nous savons cependant battre le pavé pour des causes sans nom. Nous savons nous faire de fiers relais des propagandes de nos bourreaux. Nous savons discourir à qui veut l’entendre devant les caméras sur des sujets qui ne méritent à certains égards même qu’on se penche dessus et dont l’importance est dérisoire à bien des égards pour nos intérêts premiers.
Mais lorsque ceux des nôtres subissent l’iniquité, le racisme, la haine et la ségrégation alors nous démissionnons, nous fuyons, nous nous esquivons, nous nous cachons, nous faisons preuve d’une pusillanimité sans nom pour laquelle nous sommes passés les maîtres absolus. Mais c’est notre lot et l’on ne peut rien attendre de bon venant de nous hormis de suivre comme des moutons de panurge les directives ataviques inconscientes de la non-résistance face à l’oppression.
Après les premiers coups portés à la tribu KA, je ne m’étonne plus qu’aucun soit-disant journaliste vedette Noir que nous adulons tant (Audrey Pulvar, H.Roselmack) n’ait osé se plaindre, ni même prendre position ouvertement ou manifesté de quelque manière que ce soit sa légitime désapprobation face à cette dissolution qui ne repose sur rien de bien sérieux. Avant que les mauvaises langues ne se lancent dans les délires intellectuels les plus grotesques, je tiens à souligner que Thuram a souvent pris position en faveur des siens tout en restant professionnel.
De tout évidence, tout le monde a assumé cette situation inique comme un devoir, notre devoir à respecter notre éternelle soumission et l’injustice dont ceux des nôtres sont constamment des victimes expiatoires de notre survie.
De mémoire d’hommes, la tribu KA n’a posé aucune bombe nulle part, la tribu KA ne possédait pas d’armes de destruction massive, la tribu KA n’a plastifié aucun bâtiment public, la tribu KA n’a été condamnée pour racisme par aucun tribunal, la tribu KA n’a pas été auteur de meurtres, la tribu KA par la voix de son leader n’a fait qu’user de la rhétorique et de la dialectique, de la verve et de la vérité pour confondre nos détracteurs intimes. La liberté d’expression est encore jusqu’à preuve du contraire un droit humain garanti à tout citoyen.
Mais, quoi qu’on en dise, la dissolution de la tribu KA est n’en déplaisent à ceux qui ne veulent pas l’entendre, préférant de loin se conforter derrière une hypocrisie congénitale doublée d’un humanisme universel utopique, le résultat d’un racisme viscéral visant à détruire toute velléité Kémite. Voilà le réel objet non avoué de cette dissolution.
Pendant que dans la tourmente actuelle Kémi SEBA est contraint et forcé de se détourner de sa mission première qui eut été de rassembler les siens pour se laisser gracieusement instrumentaliser et flatté par des discours laudatifs et sophistes de certains individus, des individus qu’il qualifiait volontiers hier de serpents, des individus à qui il manque le courage d’affronter de face le lobby sioniste qui exploite la France, je continue de croire que nous devons tirer des leçons de cet échec qui est à bien des égards collectif et de ne pas suivre la voie de l’égarement.
Je me permets de penser que le foisonnement des mouvements sectaires, armés, séparatistes, racistes, antisémites et autres sur le territoire de France, dont les leaders sont traînés et condamnés devant les tribunaux pour des délits et des crimes, mais qui continuent d’œuvrer en toute quiétude est la preuve que la dissolution de la tribu KA est un problème qui se situe ailleurs que dans la volonté affirmée des uns et des autres de barrer la voie à toute tentative de repli communautaire et au racisme (à sens unique) mais au contraire pour l’intolérance affirmée des Noirs non instrumentalisés dans le paysage politique français.
Avec la dissolution de la tribu KA, je tiens à féliciter tous les lâches qui ont œuvé sans relâchement pour accomplir ce qu’ils ont cru être un macabre dessein. Mais je tiens aussi à signifier à tous ses adversaires que Kémi SEBA était simplement un Kémite parmi tant d’autres. Avant lui, il y a eu des combattants de la liberté. Après lui il y en aura encore d’autres. Le peuple Kémite trouvera son mot à dire et retrouvera sa liberté et sa fierté. La dissolution de la tribu KA doit et va donner naissance à d’autres mouvements et je m’engage plus que jamais à continuer mon œuvre de conscientisation à ma manière et avec mes méthodes. J’ai l’intime conviction que sans brûler les étapes, d’elle seule sortira peut-être un jour une réelle force capable de rassembler et de contrer toutes les velléités destructrices du peuple Kémite.
Je continue de croire que le combat nous avons à mener est un combat non-violent non-ciblé contre quelque communauté humaine mais un combat qui doit être mené à tous les niveaux de la société, dans les entreprises, sur les terrains de football, dans la rue, en chanson, de manière juridique, etc. pour affirmer notre humanisme, notre droit à exister au même titre que les autres peuples et de pouvoir traiter d’égal à égal avec tous les autres sujets humains de la planète. Bien que certains individus continuent de penser que le Kémite est un animal. Un Noir n’est pas un animal qu’on peut allègrement tuer au gré de ses seules envies comme l’a écrit Kelman un écrivain bourguignon dans son livre a succès « je suis Noir et je n’aime pas le manioc » P.85/P.86
Pour arriver à nous autodéterminer notre combat passe par une prise de conscience collective, nous devons nous structurer et répondre aux réels défis de ce monde. Nous devons nous mettre au service d’un idéal commun et non au service de quelques individus assujettis à des lobbies ou des groupuscules malveillants mus par une lâcheté sans borne et habités par une haine et une hypocrisie sans pareille pour et envers leurs semblables.
Au lieu de nous morfondre, considérons la dissolution de la tribu KA comme un coup d’arrêt provisoire et providentiel, une invitation collective à nous structurer, un appel criard à la prise de conscience, à nous concentrer sur nos problèmes, à ne pas verser dans la suffisance, la fanfaronnade, la caricature de l’autre et la provocation inutile, à ne pas nous éparpiller et nous égarer.
Les idéaux qui doivent nous guider au-delà des générations sont la prise de conscience, la désaliénation de notre peuple, la structuration de notre communauté. Tout ceci doit nous conduire à penser comment résoudre les défis présents et futurs qui s’imposent comme des évidences à l’humanité (le combat pour l’eau, le contrôle des énergies, l’autosuffisance alimentaire, l’éducation et l’instruction, l’acquisition des nouvelles technologies, la protection juridique des Noirs, les défis économiques etc.)
Ce travail pharaonique ne laisse pas de place à la forfanterie, à l’autosatisfaction, à l’amusement, à la distraction et à l’intimidation préalable des autres communautés. Il demande de la modestie, de la discrétion, de l’abnégation, il demande d’éviter de se donner en spectacle et par voie de fait d’être contre-productif.
Pendant que certains délirent en parlant de préparer une lutte armée en Afrique suite à cette dissolution, pendant que d’autres divaguent et jurent d’avoir la peau des sionistes ou se contorsionnent en remerciement pour Sarkozy de leur avoir accordé l’obole de la reconnaissance sociale à laquelle ils aspiraient, j’appelle au contraire à tirer des leçons et des réelles conclusions de cet échec, à prendre la réelle mesure de nos capacités et plus que jamais à nous concentrer sur notre objectif premier et sur ce qui est essentiel pour notre survie collective.
Maintenant que la tribu KA n’est plus, bien que nous ayons accepté de jouer le jeu de la démocratie et d’œuvrer à visage découvert, la preuve est faite que l’on peut tolérer, pardonner et excuser toutes les formes de communautarisme (Blanc, Juif, Arabe etc.), toutes les invectives contre le peuple Kémite, toutes les iniquités envers les Noirs, tous les racismes même le plus évident mais une chose paraît claire, la résistance à cette situation inique n’est pas acceptable. Le complexe de supériorité atavique qui régit les relations entre les deux communautés s’étale donc une fois de plus au grand jour. A défaut de valets politiques sans envergures et dénués de dignité et de personnalité, la France refuserait donc le droit à une communauté de se réunir au sein d’une famille et de pouvoir défendre ses intérêts au nom de quel droit ? Se retrouver en famille et demander des comptes à des agresseurs d’une communauté humaine qui se pense supérieure aux autres est-il devenu synonyme de racisme ? Si oui depuis quand ?
Nous devons donc nous poser la question de savoir si cette dissolution doit et peut nous arrêter dans notre volonté à exister en tant qu’individus membre à part entière de la grande famille humaine ?
Ma réponse est NON et chaque Kémite du globe doit reprendre le relais de kémi SEBA et la tribu KA à sa manière et avec ses moyens pour continuer de lutter contre l’iniquité, le racisme gratuit, la haine du Kémite, le complexe de supériorité inné de certains, pour la liberté des Kémites et pour la recherche d’un réel humanisme.
Une chose me paraît évidente et certaine, personne ne le fera à notre place. Notre attitude attentiste est un crime.
Alors, pendant que la dissolution de la tribu KA nous empêche de manifester pour désapprouver ce coup de plus porté contre notre communauté après le pillage de l’Afrique, les guerres fomentées sur le territoire, les cadavres d’enfants charriés par la mer aux portes de l’Europe, les appartements de Noirs incendiés à Paris, les brutalités policières y compris sur des athlètes de haut niveau, excusées par la police et les médias, des expulsions musclées de Noirs, la discrimination à l’embauche. etc. Pendant que cette dissolution nous empêche de rédiger un simple billet d’humeur à défaut d’un billet d’humour, de prendre officiellement position contre cette iniquité de plus,
J’accuse de lâcheté tous les informaticiens Noirs de France et de la diaspora pour leur incapacité à remettre en ligne le site Internet de la tribu KA quand sur la toile, les sites les plus immondes foisonnent et distillent des discours racistes, inhumains, intolérants, peu fraternels, des poisons pour la conscience collective.
J’accuse ceux qui se sont autoproclamés les leaders politiques Noirs de France de savoir s’exprimer sur des sujets sans intérêts mais de se faire amnésique face à l’oppression des Noirs. D’utiliser la couleur de leur peau pour servir leurs intérêts et leur ego. Vous qui dont la seule victoire en politique est de vous faire les relais tout choisis des grands partis (UMP et PS) allant jusqu’à dissoudre vos personnalités et votre dignité d’hommes et de femmes. Vous qui avez choisi de singer les autres dans le rôle de personnalité politique.
J’accuse le corps des avocats Noirs de France et de la diaspora de rester amorphe depuis le début de cette mascarade et de ne pas user du Droit pour porter cette dissolution inique au sein des institutions internationales voire autorisées.
J’accuse certains médias qui se sont proclamés les vitrines officielles de la communauté noire de continuer à se terrer dans le silence de peur de subir le même sort que Kémi SEBA et la tribu KA.
Je nous accuse tous de pleutrerie car chacun par son indifférence et son inaction est responsable de cette dissolution à sa manière. J’accuse enfin Dominique Sopo, Lozes et leur bande d’hommes sans envergure et de poltrons innés de porter une part de responsabilité évidente dans cette dissolution. L’histoire retiendra leurs statuts de collabo et leur manque de dignité.
Si la tribu KA « n’est plus », je remercie Kémi SEBA et toute la tribu KA pour le travail pharaonique qu’ils ont abattu, pour avoir osé là où beaucoup ont depuis toujours démissionné et/ou se sont couchés. Je tiens à assurer tous ceux qui sont dans la détresse suite à cette dissolution que l’inertie du mal existe mais ne peut avoir raison des forces du bien. L’on peut venir à bout d’un homme, d’une organisation à qui on donne droit de cité pour mieux contrôler ses faits et gestes mais l’on ne peut détruire la volonté humaine qui habite un groupe d’hommes décidés.
Malcolm X, Mandela, Luther King, SANKARA, ANTA DIOP etc. sont passés. La tribu KA n’est peut-être plus officiellement mais le combat continuera et cela personne ne pourra l’arrêter ni le dissoudre du cœur de vrais patriotes. Il faudra désormais surveiller toutes les habitations de nègres, traquer tous les rassemblements de nègres de plus de deux personnes, écouter toutes leurs conversations et les déchiffrer etc.
J’appelle tous les patriotes Kémites de France, d’Afrique et de la diaspora à garder allumée la flamme qui a été portée dans leur cœur par Kémi SEBA et la tribu KA. J’appelle tous les patriotes de la diaspora à créer d’autres tribus KA et des mouvements encore plus radicaux partout dans le monde. A défaut d’avoir soutenu Kémi SEBA et la tribu KA sachons au moins continuer l’œuvre de conscientisation qu’ils ont su mener.
Le peuple Noir survivra avec votre contribution et un peu de courage face à la haine gratuite des autres, face à l’oppression, face au racisme, face au néo-colonialisme, face à l’hypocrisie, aux coups-bas, à la peur, aux tests virologiques, à la vilenie et à la dissolution de la tribu KA.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
Vive le peuple Noir Libre, Fort et Fraternel
Vive la tribu KA
Mouyabi
bien tout ça
Un beau témoignage
lettre ouverte à kémi S.
Hotep Kémi SEBA
Cher frère, c’est uniquement en cas de nécessité et de danger, que le droit de réserve que j’observe vis-à-vis des média et des média occidentaux en particulier me conduit quelques fois à sortir de ma circonspection légendaire.
En effet, suivant avec beaucoup d’intérêts et une attention toute particulière le combat politique que tu mènes avec acharnement et courage depuis quelques années, avec la création du parti kémite puis de la Tribu Ka et pour finir avec la Génération Kémi SEBA aujourd’hui, je me permets de t’interpeller publiquement par cette lettre afin de t’aider dans ton combat et comprendre tes réelles aspirations au vu des derniers évènements qui t’ont conduit une fois de plus en milieu carcéral.
Sauf erreur de ma part, en créant le parti Kémite, tu avais voulu en faire la vitrine politique du combat des Noirs en Europe. Intention louable de ta part, dirais-je.
La tribu Ka quant à elle était moins une vitrine politique mais au contraire, un espace voulu familial autour des idéaux de la renaissance kémite des idéaux communs qui sont supposés unir tous les Kémites. Une fois de plus dirais-je, intention louable de ta part.
La dernière organisation que tu as mise sur pied et que tu présides actuellement, la génération Kémi SEBA pour la nommer, se fixe comme objectif premier, la "désionisation", l’indemnisation et le rapatriement des Noirs.
Tout esprit critique qui se penche sur l’évolution de ton action politique dans le temps et de ton combat ne trouve vraisemblablement aucun fil conducteur. Le constat qui se dégage de la logique générale est une altération de ton propos dans le temps. Ce qu’on peut constater c’est une adaptation de ce propos afin d’asseoir une personnalité en quête de reconnaissance sociale.
J’avoue très honnêtement qu’entre les trois organisations le seul élément commun est Kémi SEBA. Un Kémi SEBA qui souffre d’une sorte de boulimie de son ego et qui est habité par une sorte de mégalomanie l’image de sa personne au fur et à mesure qu’il crée ses organisations.
Et, les premiers doutes que j’ai eus sur tes réels desseins se sont effacés d’eux-mêmes lorsque tu t’es autoproclamé Fara au sein de la tribu Ka.
Bien que la Tribu Ka n’existe plus, tu continues de porter fièrement ce titre. Par le passé cher frère, l’humanité a connu des illuminés qui se sont autoproclamés messies cosmo-planétaire, des grands timoniers, des guides, des duce, des führer, des lumières avec tous les noms possibles et imaginables pour traduire une sorte de démence et de pathologie qui caractérise certains hommes et qui traduit des penchants affirmés pour des relents de domination sur leurs semblables. Mais force est de constater avec le recul que tous ces illuminés ne furent ni plus que des dictateurs, des tyrans, des despotes et des sanguinaires.
Si certains d’entre eux ont néanmoins été habités par un réel idéal pour leur peuple, Il y a lieu de se faire du souci quand on soupèse ton discours et tes desseins. Les idéaux que tu disais soutenir avec force et assurance pour le bien des Noirs dans tes deux premières organisations semblent avoir disparu avec la génération Kémi SEBA.
Si je m’en tiens aux visées de cette fameuse génération Kémi SEBA. Et si je ne m’abuse : la "désionisation" est une des cibles capitales de ton mouvement. Ayant parcouru tous les supports autorisés, je n’ai pas pu indexer et circonscrire le vocable "désionisation" j’attribue donc ce propos à ton imagination débordante et le mets sur le compte de nombreux néologismes qui servent à exprimer des aphasies de langage qui comblent parfois les lacunes de ces braves académiciens.
Je veux bien te croire sincère et déterminé dans ta croisade contre le sionisme en espérant que j’ai pu deviner l’acception première du terme "désionisation". Mais je me pose la question de savoir qui veux-tu "désioniser"? Ou mieux que veux-tu "désioniser" s’il s’agit d’une chose ?
En pensant en tout premier aux Noirs qui sont supposés jouir de ta mission messianique, je ne trouve malheureusement pas de corrélation directe entre le sionisme et les Noirs ni le moyen par lequel tu penses "désioniser" les Noirs.
Je dois alors reconnaître mon incapacité à comprendre à qui s’applique cette désionisation ? Sinon à quoi elle est supposée s’appliquer, cette désionisation ? Quel est le but affirmé de ta démarche ? Quel est le rôle capital et présent de la désionisation dans le combat pour la réhabilitation de l’Homme Noir et pour la renaissance kémite?
Parfois face à cette incompréhension, je me fie aux faits car pour mener à bien un projet, il faut se fixer un objectif (le tien la "désionisation") des impératifs de temps et surtout se doter de moyens.
Puisque les impératifs de temps ne sont pas exprimés dans ton projet, puisque je ne comprends pas bien le sens le terme "désionisation" alors j’ai pensé qu’en prenant la mesure des actions que tu mènes, je comprendrais le sens du mot "désionisation".
J’ai assimilé ton désir de pénétrer la scène politique en prenant la mairie de Sarcelles aux Juifs comme tu dis à qui veut l’entendre que c’est cela la "désionisation". Et je me suis ravisé en me disant qu’au fond, la mairie de Sarcelles n’est pas le sionisme.
J’ai pensé que tes aller et venues en prison sont la preuve la plus tangible de cette "désionisation" et, en interrogeant un ami juriste car habité par le doute j’ai appris que la prison était le moyen de protéger la société des individus qui enfreignent les lois et qui parfois peuvent présenter des dangers pour la société ou pour leur propre personne.
En te voyant faire le fanfaron en battant le pavé et en vociférant tel un damné pour attirer l’attention sur toi avec ta cours d’indigents et d’individus peu avisés, je me suis dit ça y est j’y suis c’est ça la "désionisation". Un adage populaire a fini de me convaincre que non car il dit : le chien aboie et la caravane passe. Alors j’ai compris au fond que ta désionisation relève de la provocation plus que du passage à l’acte. C’est un slogan que tu lances pour te rendre intéressant car au fond, tu n’en connais ni la portée mais surtout tu n’as pas les moyens de ta politique.
Ton supposé combat contre le sionisme qui est une hérésie au bon sens. J’ai peine à t’informer que ce combat là ne se mène pas à coups de rassemblements inutiles, à coups de stages dans les milieux carcéraux, il ne se mène pas uniquement avec des aspirations politiques chimériques. A mes yeux et aux yeux des patriotes, tu n’es donc pas crédible par ton action. Tu es simplement un pathétique clown qui veut jouer à être intéressant.
Quand tu fais ensuite état du dédommagement, je veux bien te suivre dans ce nouveau propos. Mais j’avoue une fois de plus mon scepticisme car, sur quelle base et selon quelles exigences peut se faire ce dédommagement ? Qui selon toi est habileté à fixer ce dédommagement ? Ce dédommagement s’adresse à qui et à quelles fins ? Au cas où il y aurait cet hypothétique dédommagement à qui irait-il ? Qui t’aurait diligenté en secret pour exiger un dédommagement aux sionistes au nom de tous les Noirs ? Une chose est sûre étant Noir comme toi, je ne t’ai jamais demandé d’exiger un dédommagement en mon nom.
Tu veux pratiquer de manière unilatérale le rapatriement. Mais une fois de plus avec l’accord de qui ? Lorsque tu prends une telle initiative c’est au nom de qui ?
Si de manière unilatérale tu décides sans consulter les premiers intéressés cela s’appelle de la dictature et crois moi l’Afrique est remplie déjà de fous furieux et un de plus serait un de trop.
Admettons qu’on te l’accorde ce rapatriement. Admettons qu’il y ait des volontaires pour ce fameux rapatriement. Vers quel pays d’Afrique vas-tu mener tout ce monde ?
Vers Kémet me diras-tu. Mais, cher frère, sur une mappemonde où situes-tu Kémet au 21ème siècle? Tout ceci n’est donc pas bien sérieux !
Si tu fais allusion à l’Egypte de Nasser, tu conviendras avec moi que tu fais fausse route. Les accords de Berlin sur le morcellement de l’Afrique ne font pas l’ombre d’un doute sur la définition des contours de l’Egypte actuelle.
Bien que les pyramides soient effectivement l’œuvre passée des pharaons Noirs, elles ne peuvent devenir la propriété de quelques illuminés avec à la tête un gourou mégalomane aux idées fantasques, un fou habité uniquement par le culte de sa personne. Ces pyramides sont le patrimoine de l’humanité.
L’histoire a un sens et il est illusoire de penser réécrire cette histoire selon le seul prisme de tes fantasmes cupides et vénaux. L’intelligence c’est de comprendre la dynamique générale et le sens de cette histoire pour mieux s’insérer dans cette dynamique et non se mettre en porte-à-faux. Il faut s’insérer dans cette dynamique afin de servir l’humanité entière.
Ces quelques questions que je te pose en toute bonne foi doivent permettre au leader charismatique que tu penses être par tes fanfaronnades incessantes à revenir sur le droit chemin de la pensée rationnelle. Celui de la conscientisation des masses passive et de la construction des bases de la renaissance kémite et non celui du culte de la personnalité dans lequel tu t’es égaré.
Ces questions doivent également permettre aux personnes peu averties qui sont fascinées par tes tours de passe-passe de prendre acte de l’inconsistance de ton discours et surtout de la distance envers toi car tu égares les masses et perds du temps plus que tu ne rends service aux Noirs pour le moment.
Vouloir résumer le combat des Noirs à ta seule et unique personne te conduit à une perte de vue des enjeux majeurs et essentiels qui sont à mettre en œuvre pour garantir le succès de nos entreprises importantes isolées y compris les entreprises les plus boiteuses.
Rassembler toutes les bonnes volontés au sein d’un mouvement patriotique afin de créer une réelle force capable de contrecarrer toutes les velléités belliqueuses de nos ennemis intimes voilà un projet sérieux.
Mettre en place des outils de conscientisation pour tirer vers le haut toute la masse passive voilà un projet qui ne manque pas d’audace.
Créer les structures économiques viables qui sont chevillées dans notre temps et qui permettent de s’affranchir des obligations matérielles qu’imposent les exigences de notre entreprise commune, cela demande du temps et beaucoup d’énergie.
Disposer de nos écoles, de nos hôpitaux et de nos instituts de recherches, de nos moyens de communication etc. Voilà des projets qui sont réalistes. Parler de désionisation, de rapatriement et de dédommagement à côté de tout ce travail relève de l’ennui si pas de l’enfantillage et de la bêtise.
Dans un monde qui vit au rythme de la mondialisation, des impératifs des marchés et de la concurrence, dans quel espace économique et monétaire tu veux mettre Kémet ? Sinon celui de ton imagination débordante. Il est plus facile de tenir des discours irresponsables devant un parterre de personnes ignorantes, aigries et désœuvrées qui ne peuvent rigoureusement pas répondre aux questions de fond qui se posent aux Noirs pour préférer verser dans la bêtise la plus grotesque qui soit.
T’est-il déjà arrivé de penser ou de réunir des bonnes volontés pour proposer un projet politique, économique, monétaire, social, juridique réaliste pour sortir l’Afrique de son bourbier actuel ou ne serait-ce que rédiger un essai philosophico-politico-économique qui puisse servir aux générations futures ? Y a-t-il parmi les personnes qui disent t’entourer des individus assez avisés pour se lancer dans des initiatives de cette ampleur qui demandent de la réflexion plus que la fanfaronnade ? Y-a-t-il parmi tes ouailles des personnes assez avisées pour ne pas confondre l’application l’argument de la force là où on attend rigoureusement de la force de l’argument ?
Voilà autant de petites choses qui nous différentient et qui font que partageant la même veine, nous menons le même combat en utilisant des méthodes complètement différentes.
Il fut un temps où nos chemins auraient pu se rencontrer si pas se croiser. Je pense au sein de la tribu Ka. Mais ce qu’elle donnait à paraître et ce qu’elle était nous a suffit à garder nos distances. Ton désir maladif pour des discours excessifs et peu constructifs à travers les média afin de guérir un complexe de persécution évident et les constantes menaces de tes medzatones sur les frères Noirs ne partageant pas tes idéaux ont suffi à nous décourager sur la sincérité réelles de tes desseins pour le projet que tu prétendais mener.
Si nous entourons notre combat d’un certain secret et qu’il t’apparaît aujourd’hui comme une œuvre inconsistante car non relayée par les médias occidentaux que tu affectionnes tant, c’est pour mieux avancer et les épreuves de force et les tours de prestidigitation dans lesquels tu es passé maître nous laisse quelques fois sans voix. Et, ni les média occidentaux que tu affectionnes tant, ni les honneurs ne sont notre finalité première. La reconnaissance des autres, nous vous la laissons toi et ta génération, pour nous consacrer aux choses primordiales et essentielles. Nous t’interpellons car nous pensons que tu peux être d’un apport essentiel dans une projet utile au lieu d’égarer les masses.
Le vrai combat des Noirs aujourd’hui n’est pas un combat violent contre d’autres peuples. Le vrai combat des Noirs ne requiert ni la pratique des arts martiaux, ni l’usage de la violence, encore moins celle de la force physique ou l’utilisation des armes, le vrai combat est celui des idées et la construction d’un réel projet et d’un vrai humanisme.
L’œuvre d’Africamaat pour prendre cet exemple, est la preuve évidente que cette démarche là n’est pas une utopie ni une atopie mais l’attestation qu’il est possible d’avoir des exigences de vérités pour un peuple et préserver également les intérêts de l’Humain au sens large. Africamaat bâtit l’historiographie africaine non seulement pour l’Homme Noir mais également pour le bien de l’humanité entière. Si nous avons besoin de savoir qui nous sommes pour savoir où nous allons, nous avons besoin que ceux qui veulent nous pervertir sachent que nous savons qui nous sommes réellement et que bien malheureusement pour eux nos ancêtres n’étaient pas des gaulois. Ils se doivent de savoir que nous n’avons pas besoin de croire en leurs divinités, ni d’adopter leurs idéaux ou de parler leurs langues pour renier nos vraies valeurs communes.
Les Kémites comme tous les autres humains ont un droit à la vie. Puisque l’Etre humain n’est pas un ange, les Kémites se doivent de faire respecter leurs intérêts face aux intentions belliqueuses des individus habités par des penchants impérialistes affirmés.
Le combat que nous avons à mener ne se conduit pas avec un groupuscule de personnes irresponsables démunies de tout sens critique. D’ailleurs aucun manager avisé ne mène au succès son entreprise avec un public constitué uniquement d’inconditionnels mais avec un public constructif qui à la différence du premier possède un minimum de sens critique.
Le réel succès d’une entreprise telle que le combat que nous menons est l’œuvre de toutes les bonnes volontés. Et le bon leader que tu dois être est de savoir tirer le meilleur parti des compétences de tout un chacun afin de mettre sur pied une réelle force capable de faire trembler les adversaires y compris les plus redoutables.
La congruence entre les mots et les actes y participe pour beaucoup.
Tu dois rassembler et non diviser et rejeter. La cohésion et la synergie du groupe sont des bases que tout bon manager maîtrise pour garantir le respect des intérêts qu’il défend.
Les sacrifices que tu fais aujourd’hui en abandonnant une femme et une enfant en bas âge pour aller couler des jours en prison sont la preuve indéfectible de ton engagement certes. Mais une autre lecture des faits permet également de voir ce sacrifice comme la marque de ton irresponsabilité notoire ne t’en déplaise.
Tu ne peux vouloir protéger un peuple qui ne t’a donné aucun mandat et défendre ses intérêts, si tu es incapable de te protéger toi-même et de protéger ta propre famille.
Les égarements successifs pour de petites choses qui te conduisent dans des postures inconfortables aujourd’hui sont ceux qui demain peuvent être hautement préjudiciables au plus grand nombre si jamais tu avais la charge de la multitude. Tu te dois donc de comprendre que ton souci premier soit être de protéger les intérêts des plus faibles avant tes intérêts personnels.
Tes aller et retour en prison sont pour nous combattants patriotes non seulement une perte de temps incommensurable mais également la preuve palpable de ton irresponsabilité notoire et de ta balourdise grandissante et récurrente.
Si tous ceux qui se battent suivaient ton exemple, il y a fort à parier que nous n’avancerions pas. Fort heureusement beaucoup ont l’intelligence de rester sur le champ de bataille plus que dans des isoloirs pour crier ensuite au complot et prétendre être des victimes expiatoires d’une messianisme chimérique. Tu te crois plus malin en défiant les autorités, en versant dans la provocation inutile. Tu n’es pas un surhomme ni même inaccessible. La preuve, ce sont tes multiples arrestations y compris les plus arbitraires qui démontrent ton incapacité à te défendre. Tu brasses du vent la tête dans les étoiles et malheureusement tu n’as pas les pieds sur terre. Tu gagnerais à user des remparts qui donnent accès à la parole publique. Tu devrais prendre exemple sur Barak OBAMA aux USA qui par son action en politique est sans doute plus utile aux Noirs que toutes les pitreries que tu offres au monde entier.
Il nous semble que tu gagnerais beaucoup plus en crédibilité en te conformant aux institutions du pays dans lequel tu vis et en mettant en place par les moyens légaux les bases de la renaissance africaine si tel est vraiment ton vrai souhait. Mais en homme avisé que je crois être, permets-moi d’en douter.
Tant que tu n’auras pas compris que la discrétion, la modestie et l’intelligence sont des qualités requises pour mener loin un combat aussi âpre et aussi dur, il y a fort à parier que tu continueras de défier des organisations qui rigoleront encore et encore de tes fanfaronnades et de ton incapacité à tenir tes engagements ; pire encore à les ébranler.
Si nous t’avons soutenu lors de la dissolution de la tribu KA et discrètement à certaines occasions c’était par principe. Nous avons pour principe d’aider tous ceux qui sont engagés ou s’engagent dans la lutte pour la reconnaissance de l’humanité Nègre.
Je le dis tout haut pour l’occasion même si je suis en total désaccord avec les méthodes et les moyens des uns et des autres. Mais l’application du principe de tolérance qui est un préalable dans une dynamique de groupe nous conduit à pactiser à certains niveaux y compris avec des suppôts de l’occident comme Lozès, des écrivains de pacotille et inconsistants comme Kelman, Mabanckou, Beyala et les autres.
Aussi surprenant que cela puisse te paraître, nous avons besoin des Dominique Sopo, de Taubira, de Mbala Mbala, d’Hervé Mbouguen, d’Aminata Traoré, de Thuram, de Doc Gynéco etc. Et s’il se trouve un jour qu’un Noir soit en difficulté, quelles que soient ses orientations politique, je le défendrais face à l’adversité même si nous ne nous battons pas avec les mêmes méthodes. Mais puisque nous avons le même engagement alors il ne sera jamais mon adversaire. Je respecterais toujours le fait que chacun puisse mener ce combat avec ses moyens, son intelligence et ses armes.
Les footballeurs le mènent avec leur intelligence sur les terrain de jeu, les musiciens avec les rimes et le son, les intellectuels avec leurs neurones. La seule chose qui compte c’est la volonté, la finalité et la victoire. Chaque goutte d’eau est nécessaire pour faire un océan.
On a coutume de dire en Afrique qu’un fleuve a adopté un parcours sinueux faute d’avoir eu un guide. Ne te laisse pas griser par les petits honneurs surfaits de ta cours de griots et de personnes peu averties et l’apparent laxisme des personnes que tu provoques incessamment, ne laisse surtout pas tes problèmes personnels prendre le pas sur la cause première du combat que tu dois mener.
Si le sionisme a vu le jour et perdure au-delà des générations et gangrène le monde entier c’est parce qu’il a été pensé et réalisé par des personnes intelligentes. Pour avancer sereinement, il faut s’en inspirer parfois si pas toujours s’il le faut afin d’exister sans se faire écraser par ses puissants réseaux et qui sait pour finir réussir la désionisation qui te hante tant.
La priorité dans la lutte pour la liberté des Noirs aujourd’hui n’est en aucun cas contre le sionisme tant il y a déjà à faire avec nous-même.
Au sein du Mouvement patriotique Noir nous ne militons pas et ne militerons jamais pour la désionisation, le rapatriement et le dédommagement car cela est une hérésie au bon sens. Si beaucoup de personnes ont été surprises par notre soutien à ta personne lors de la dissolution de la tribu Ka et nous ont assimilé à tes égarements nous tenons donc à mettre les choses au clair par voie de fait.
Nous avançons vers l’avenir en sachant ce que fût notre passé voilà tout. Nous prenons acte des exigences du présent pour préparer l’avenir de nos enfants. Nos voies divergent donc en cela. Chaque génération a sa mission. Accomplissons la nôtre avec les moyens que nous avons et laissons les générations futures accomplir leur devoir. Le messianisme, la forfanterie, les attitudes théâtrales de petit comédien raté, la provocation gratuite, l’imbécillité etc. ne sont pas de nature à crédibiliser et à servir notre cause.
Frère Kémi tu as une merveilleuse épouse et un cadeau formidable de la nature qui est ta fille ; alors tempère et reviens sur le droit chemin. Il vaut mieux un lâche vivant qu’un héros mort. L’héroïsme dans la bêtise n’est pas une fin en soi. La renaissance africaine a besoin de tous ses enfants. Le combat à mener est long dur et exigent. Ton devoir est de participer à la hauteur de tes moyens à la renaissance kémite pas aux égarements.
Quand on n’a pas les moyens pour combattre un ennemi puissant c’est pure folie de le défier ouvertement ! Quand on n’a pas été commissionné par quelqu’un pour exiger des dédommagements ou le rapatriement des siens, il y a fort à parier que cela devient de la mégalomanie et de l’illusionnisme. Le propre des hommes de raison c’est de ne pas prendre leurs désirs pour la réalité. Il n’y a aucun acte qu’on puisse poser publiquement qui donne une once de crédibilité s’il n’est fondé sur le bon sens et qu’il soit solidement établi dans le réel.
Il arrive donc un moment où certains individus se sentent investi pour une mission messianique, à dire vrai, leur conscience s’illusionne et les condamne à courir derrière des chimères. Il est peut-être temps cher frère que tu assures à ta femme et à ta fille une vie plus rangée et moins exposée. Tu leur dois cela. Ta femme Etouma SEBA a besoin de toi à ses côtés tout comme ta fille a besoin de te voir plus souvent pour bien grandir.
Prends garde cependant que l’action de désionisation que tu veux mener sans les moyens adéquats ne conduise à mettre en branle une réaction qui touchera en premier des innocents (femme et enfants). Il sera un peu tard pour les regrets cher frère. La vie nous donne des leçons quotidiennes et le nombre de personnes que tu as amenées dans les prisons par tes élucubrations devrait déjà te faire tiquer et te faire comprendre que tu n’as pas à faire payer à ceux que tu es supposé défendre tes erreurs et tes fantasmes.
Mener le combat pour la survie du peuple kémite, participer à la construction de la renaissance africaine, être acteur dans la construction du patrimoine de l’humanité, tout cela est possible dans verser dans l’excès le zèle et dans la bêtise.
Quand on mène un combat aussi dur, on peut prendre exemple sur nos héros et apprendre de leurs qualités mais aussi de leurs erreurs. On peut prendre exemple sur ceux qui ont eu le privilège de venir au monde avant nous, nos aînés. On peut également tirer des enseignements en regardant nos contemporains. On peut gagner en maturité en se fiant aux meilleurs de notre génération. Je te laisse donc le soin de descendre de ton cheval de bataille Don Quichotte Noir des temps modernes pour prendre le temps de méditer un peu sur ta vie et qui sait de bâtir un vrai un plan de bataille.
Je te sais assez suffisant pour te refuser à prêter l’oreille à tout conseil. Mais j’espère secrètement que tu sauras prendre acte de certaines vérités que peu autour de toi ont le courage et l’intelligence de te dire afin de modifier ce qui prend les allures de ta perte.
Dans l’espoir que le grand Osiris t’éclaire sur le sens premier de mon propos et que la Maat t’apporte la juste inspiration pour le comprendre, je te souhaite toutes mes fraternelles salutations.
Patriotiquement
Mouyabi (Représentant du Mouvement patriotique Noir)
Mouyabi, vous êtes ridicules
Mouyabi, vous rendez vous comptes dans votre message que vous adressez à Kémi Séba (comme si ce dernier avait le temps de vous lire... MDR) que vous accumuler les symptomes de la jalousie, et de la frustration?
Kémi Séba risque sa vie pour nous, et c'est pour cela que nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à le soutenir.
En ce qui me concerne, je faisais partie il y a encore de cela quelque mois de ces obsevatrices qui le trouvait trop extrême.
Son arrestation que j'ai vu sur France 3 m'a prouvé le contraire, et m'a poussé à en savoir plus. J'ai pris le train de GKS.
Et je ne le quitterai jamais.
K. Séba est un grand homme. Vous mouyabi, n'êtes par contre personne!
Avec votre mouvemment dont personne n'a entendu parler, et qui n'existe certainement que dans votre tête...
Séba vaut mieux que vous.
Avant tout, je me dois de me présenter.
Je m'apelle Neferou, je suis âgée de 29 ans, et j'ai deux garçons en bas âge.
Mon mari et moi même sommes devenu sympathisants de GKS en fin d'année dernière, ayant conclu qu'aucune organisation noire en France ne repondait aux éxigences d'urgence que requiert le drame racial dans lequel est plongé notre peuple.
En la personne du Fara Kémi Séba, nous avons trouvé un homme charismatique, courageux, et aimant les siens.
Ses actions, son discours maatique adressé aux dirigeants( et visiblement entendu par ces derniers, vu les mesures repressives et exceptionnelles employées pour le museler) ont attesté à nos yeux (comme à ceux d'un nombre grandissant de personne que nous cotoyons désormais) de l'efficacité de ce dernier, et de l'intelligence exceptionnel (dixit Dieudonné)
qui l'habite .
Cela fait longtemps que je lis les articles de ce site, et de temps à autres les forums, sans pour autant m'inscrire, ne voyant pas de sujet m'interressant profondémment.
Attitude que j'ai toujours eu jusqu'à ce que je lise votre soi disante lettre ouverte que je qualifie de TORCHON REDIGE PAR UN FRUSTRE, qui n'avait que pour seul but de déverser sa jalousie plutôt que d'analyser ce que certains qualifie de "phénomène Séba".
Mon 1er réflexe lorsque j'ai lu votre pseudo analyse quasi schyzophrénique de Kémi Séba a été d'alerter par mail GKS.
La réponse que j'ai reçu m'a réjouit :
de a dit:
Merci de cette information chère soeur. Néanmoins, si nous devions nous préoccuper de toutes les déjections raciales, jalouses, et envieuses de l'émergence et du soutien réel et non pas factice que reçoit le Fara, nous n'aurions pas finit.Il faut prendre ça avec le sourire, sinon avec pitié, et ne pas blamer ceux qui tombent dans une jalousie et une médiocrité aussi crasses.
Nous menons une guerre contre l'oppresseur, pas contre des petits frustrés qui ne vivent qu'à travers le combat du Fara, et plus largement de GKS.
A Mercredi pour la réunion de GKS de votre ville
Fraternellement, Kaneter, secrétaire du Fara Kémi Séba.
.
Mais elle ne m'empêchera pas de vous dire pauvre homme ce que moi je pense...
Votre lettre était vulgaire vis à vis d'une personne qui fait 1000 fois plus que vous pour son peuple.Alors permettez moi, même si personne ne m'a mandaté pour le faire, de remettre certaines pendules à l'heure.
Vous parlez de ceux qui le soutiennent comme d'une cours d'indigents, mais je ne suis pas sûr que vous oseriez dire ça en face des interressés.Rien que mon mari qui lui est un véritable patriote kémite (un MEDZATONE) s'est dit prêt à vous rencontrer pour que vous puissiez lui dire en face ce que vous avez dit en minable que vous êtes sur le net uniquement. (je me doute que vous vous DEFILEREZ car le courage ne semble pas être votre vertu...)
Pour moi, vous êtes l'illustration du noir qui aurait voulut faire ce que fait Kémi Séba, mais qui constatant qu'il n'avait ni son courage, ni son aura, a décidé de partir en injures, allant même jusqu'à parler de la femme du Fara et de sa famille! Rolling Eyes
Vous me faites penser à tout ces pseudos militants noirs des droits civiques dans les années 60 aux USA qui disaient que Malcolm X était un irresponsable, qui se prenait pour le grand manitou, et qui appelait la jeunesse à l'insurrection, alors qu'il n'avait pas les moyens de sa politique.Parmi eux, James Farmer, Whitney Young, Roy wilkins. Aujourd'hui, plus personne ne s'en souvient.Le parralelisme que je trace est certes limité puisque vous, contrairement à eux en 1960, PERSONNE NE VOUS CONNAIT, vous n'êtes qu'un INTERNAUTE comme moi (même si moi, je suis une soeur qui agit), et n'êtes sûrement pas un leader d'opinion, contrairement à un Séba voir un Dieudo ou même un vendu comme lozès.
Je dois vous dire pauvre Mouyabi, qu'en temps que femme KEMITE, je n'ai jamais lu TANT de manque dignité, autant de jalousie , et je me pose la question si vous n'avez pas vécu dans votre passé une humiliation que vous aurait infligé le Fara pour que vous réagissiez ainsi.
LE FARA est à des ANNEES LUMIERES DE VOTRE NIVEAU, il se bat dans la cour des grands,tout comme nous tous de GKS, contre un systeme , qui comme l'ont dit DOUMBY FAKOLY, ETILE, PR.GOMEZ, Princess ERIKA, ET DIEUDO n'a pas malgré la prison réussit , bien au contraire ,à étouffer le combat de dignité de Kémi Séba.
Quant à sa femme,ma soeur Etuma Seba, une très grande dame que j'ai eu l'occasion de rencontrer aux grand meetings organisés par GKS, je n'ai pu que constater ô combien elle était fiere de son mari (ya de quoi, je le suis aussi, et nous sommes nombreuses Wink ) Wink
Ce n'est pas dans des lettres de lâches (et c'est une soeur qui vous le dit) rédigées sur internet que l'histoire se fait, mais dans la rue.
Et avant d'être dans GKS, j'ai arpenté avec mon mari un certain nombre de mouvement. Je n'ai jamais entendu parler de vous, et en encore moins DE VOTRE MOUVEMENT PATRIOTE qui ne doit sans doute compter qu'un SEUL MEMBRE, VOUS! Laughing Laughing Laughing .
Bref, vous êtes médiocre, et moi même, soeur kémite, je suis disposée à vous le dire EN face quand vous le voudrez Cool(mais même face à moi, je suis sûre que d'une façon ou d'une autre, vous vous défilerez... Laughing
Hotep à vous.
Attention au discours d'Agbohou
Les points bloquants de la création d’une nouvelle monnaie africaine
Je tiens à revenir sur ce sujet car comme je l’ai fort bien souligné déjà c’est un point important. Et nous ne devons point laisser notre ressentiment guider nos choix mais uniquement la raison.
Avant de crier victoire, nous nous devons de circonscrire une théorie dans la réalité afin de nous assurer de sa viabilité. Et ensuite valider que certains points bloquants trouvent solutions.
Certes l'indépendance des pays africains passe par une totale indépendance économique notamment par l’exercice d’une souveraineté monétaire pleine et entière ; avec une création une gestion et autonome de cette monnaie.
Mais cela doit se faire de manière rationnelle.
Petits rappels théoriques :
Dans la société politique, la monnaie est ce qui mesure la valeur marchande des biens et services échangés. C’est l’étalon de la valeur ; tout comme le mètre est l’étalon de la distance. A ne pas confondre avec l’argent. On appelle « argent », une quelconque quantité de monnaie.
On peut cependant remarquer qu’il est aberrant que l’étalon de la valeur fluctue au gré du temps et des pays ; tandis que l’étalon de la distance (de la masse, du volume, etc.) est le même partout et toujours.
D’où en théorie l’idée d’instituer une monnaie unique mondiale… Cette idée si théoriquement elle est viable dans la pratique elle se heurte à quelques écueils, le bien produit se dégrade ou se déprécie avec le temps et donc ne peut pas toujours avoir la même valeur. De plus cette valeur qu'on attribue à un bien ou service donné est très subjective et dépendante aussi de l'attachement que l'acheteur ou/et que le vendeur a pour ce ce bien ou ce service (exemple les objets d'arts ou tout ce qui a trait aux loisirs...)
En résumé, la monnaie est donc bien l’étalon de la valeur (de la même manière que le mètre mesure les distances).
- L’argent lui est un moyen de paiement, au même titre que la lettre de change, le chèque ou la carte bancaire.
- l’argent a été crée comme unités physiques de « valeur marchande », de la même manière qu’une règle en plexiglas de 100cm est une unité physique/matérielle du mètre.
Après cet aparté venons-en au sujet qui nous intéresse à savoir la création potentielle d’une nouvelle monnaie africaine. Pour aborder ce sujet, je propose d’interpeller le frère Agbohou ainsi que tous ceux qui le soutiennent dans sa croisade sur certains points.
1-La constitution des réserves monétaires
En général certains pays fondent leur pouvoir monétaire sur leurs réserves d'or (US), de diamants, ou de leur production pétrolière (pays arabes), ou encore de leurs technologies, etc...
Si à titre personnel il m’était donné de battre monnaie (ce qui est absurde, puisqu’en principe ce droit procède exclusivement du pouvoir public), alors cette monnaie serait la seule chose au monde dont je ne pourrais jamais manquer. Disposant par ailleurs de gisements de bauxite, manganèse, pétrole, or, diamant et bien d’autres ressources naturelles, l’Afrique est raisonnablement « riche », voire « richissime »…D’où l’on voit à quel point la situation actuelle de l’Afrique est absurde voire paradoxale. En théorie disposant d’une majorité de ressources naturelles de ce monde, l'Afrique a largement de quoi évaluer sa monnaie et durablement
Ce raisonnement simpliste est la première erreur de certains économistes afrocentristes qui se pensent libérateurs et avant-gardistes.
Ils oublient une chose fondamentale, les richesses dont disposent les Africains ne sont plus la propriété de l’Afrique et des Africains mais celles des multinationales occidentales comme Bolloré, Exxon, Simportex, ELF TOTAL FINA, DEL MONTE, etc. et des créanciers des pays africains du fait de nombreuses hypothèques que nos dirigeants ont souscrit en contrepartie de l’exploitation des richesses avec des contrats de 50ans-99ans afin d’acquérir des biens ou des services auprès de ces derniers. Après la crise économique des années 1990 les pays africains ont été contraints et forcés de brader tous leurs patrimoines publics au bénéfice de certaines multinationales.
La question la plus logique est de donc de savoir où sont donc nos réserves réelles d'or ou de richesses ? Sur quoi fonderons-nous la valeur de notre nouvelle monnaie?
Certains objecteront en me disant qu’on peut faire une évaluation des ressources naturelles encore à notre disposition et en prendre une unité fondamentale sur laquelle reposerait notre monnaie. Sauf que si nous le faisons c’est bien beau mais que laissons-nous n’avons comme héritage aux générations futures si la création de notre monnaie s’avère être un échec criard?
Heureusement, les réserves naturelles, exploitées ou non constituent une richesse. On peut donc créer une monnaie, appelons la le Kamita et l'évaluer à une fraction fixe d'un gisement de diamant par exemple? Encore faudrait-il que le gisement de diamant soit encore à nous. Admettons cela pour ne pas passer pour le vilain qui refuse de créer une nouvelle monnaie. Mais la vérité en toute chose est bonne à dire et à savoir.
En principe l’Etat est dépositaire du pouvoir monétaire par l'intermédiaire de la Banque Centrale Nationale... ce pouvoir monétaire ne s'autodétermine pas de lui-même il doit être le reflet de la valeur de l'économie locale (PIB) ou nationale ( PNB )....par rapport à l'extérieur notamment...la monnaie mesure les richesses, mais ne les produit pas directement.
Certes, pour une puissance privée (qui donc en principe ne dispose pas de pouvoir de battre-monnaie), il convient par exemple de proposer du temps de travail, afin d’obtenir quelque quantité de monnaie. Mais la puissance publique, l’Etat, qui en principe monopolise le pouvoir monétaire, peut disposer d’emblée de toute quantité de monnaie jugée nécessaire à l’action publique. Avec les conséquences que cela peut impliquer (déflation, inflation ou hyperinflation si la création de monnaie n'est pas maîtrisée et bien gérée.)
Ceci pour dire qu’il faut un cadre juridique et politique pour circonscrire l’espace économique qui sera dépositaire de cette nouvelle monnaie. Dans l’absolu, l’Afrique toute entière serait le théâtre idéal. Mais représentant 1% du commerce mondial, il y a là un risque majeur à se mettre en change flottant.
A ce stade des spéculations, je ne vois pas encore d’espace économique, de cadre juridique ni encore les accords politiques des potentiels Etats membres ni même une quelconque banque centrale. Il est important d’avoir un cadre politique car c’est bien beau de dire qu’on va utiliser des richesses africaines mais tous les pays africains ne disposent pas d’un sous-sol riche. Alors comment arriver à mettre sur le même piédestal tous les pays pauvres d’Afrique et des pays qui sont potentiellement riches ? Comment gérer les égoïsmes nationaux par exemple, contraindre le Congo démocratique avec les minerais du Shaba à payer pour des pays qui n’apporteront aucune garantie dans la construction de cette nouvelle monnaie. Soyons simplement concret ici.
Pour parler un peu technique allons plus loin même si ce n’est pas ma spécialité car j’avoue ne pas aimer l’économie car à mon sens elle est assujettie à la politique et parler économie sans un cadre politique c’est divaguer. il est toute fois bon de savoir quelle est la voie à choisir pour créer cette nouvelle monnaie : la constitution d’une "masse critique", l'approche dite du "big-bang" , l'approche “gradualiste” ? La création d'institutions crédibles et fortes avant le lancement de la future union monétaire ? Un accord sur le pacte de la croissance et de stabilité, la poursuite de la mise en œuvre de divers critères de convergence et leur harmonisation après le démarrage de cette hypothétique union ?
La création d’une nouvelle monnaie impose-t-elle ou se fait-t-elle avec la mise en place d'un fond de solidarité pour aider les pays les plus faibles économiquement et l'institutionnalisation d'un mécanisme conjoint de surveillance au niveau des institutions régionales légalement habilitées à mettre en œuvre le programme de coopération monétaire ? Toutes ces questions à mon sens sont des préalables à toute idée de création de la monnaie.
2-La monnaie : La kamita
2-1 Système de change : change fixe ou flottant ?
Change fixe
Si l’idée sous-jacente à la création d’une monnaie est de la passer en change fixe, dans ce cas là : A quelle monnaie l’arrimons nous ? Au dollar ou à l’euro ?
Dans les deux cas que ce soit le Dollar ou l’Euro, on changera simplement d’échelle de soumission. On passera de quelques pays BEAC, BCEAO et BCC pour enchaîner l’Afrique entière. Je tiens donc à dire que si c’est la solution proposée, écartons là sagement et surtout ne parlons plus de système de change fixe dans la suite de ce document car un jour ou l’autre il faudra encore sortir de ce change fixe et cela ne nous mènera nulle part.
Change flottant
Si nous avons l’intention de créer une monnaie en change flottant ce qui paraît être la seule vraie alternative à la sortie du CFA. Mais la création d’une nouvelle monnaie et le choix d’aller au marché des changes imposent rigoureusement de valider certains points clés :
Cette monnaie comme tout bien économique sera soumise à la rude loi de l’offre et de la demande. Hors, l’Afrique toute entière c’est 1% des échanges mondiaux. Alors cette monnaie si effectivement elle circulera tant bien que mal dans l’espace économique africain, le problème réside sur sa demande sur le marché des échanges. Qui peut-elle intéresser hormis les Africains eux-mêmes ? Donc si elle n’intéresse personne hormis les Africains elle risque de se déprécier et conduire l’espace économique monétaire qui sera son terreau à une économie hyper inflationniste.
Les banques (Banque centrale et banques commerciales)
La majorité des banques commerciales en Afrique aujourd’hui sont des banques étrangères qui attirées par l’appât du gain sont implantées en Afrique. Je ne suis pas un économiste avisé peut-être mais alors où sont les banques Africaines ? Ces banques occidentales ne vont-elles pas simplement transférer le fruit du travail des Africains en occident en faisant des bénéfices sur le dos des africains dans une vision globale d’ultralibéralisme ? Ou alors ce qui compte ce n’est pas tant la vision nationaliste mais le profit ?
La banque centrale Africaine battra de la monnaie certes mais cette monnaie là sera achetée par les banques commerciales occidentales qui feront des bénéfices sur le dos des Africains.
Le taux de change et la force de la monnaie
Si l’on aborde ces notions que le frère agbohou juge qu’elles ont été créées pour embrouiller les Africains, c’est pour y donner une autre résonance. La « force » d’une monnaie réside dans sa saine et rigoureuse gestion. Tandis que corrélativement le « poids » d’une économie consiste, notamment, en ses ressources humaines, naturelles, capitalistiques/industrielles et technologiques. Il n’y a pas une stricte corrélation entre les deux certes mais il est bon de relever la nuance. C’est ainsi par exemple que la « force » de la monnaie argentine s’est réduite, comparativement au CFA ; alors que le « poids » de l’économie argentine reste supérieur à celui de l’UEMOA par exemple.
Cette notion n’est donc pas un simple leurre mais bien une donné fondamentale à plusieurs niveaux à savoir un baromètre pour mesurer la saine gestion de notre future monnaie mais également le poids de nos économies mais dans les deux cas. Nous déplorons aujourd’hui des économies moribondes malgré une monnaie relativement forte.
Je veux montrer que l’idée d’Agbohou qui prétend que le décollage de l’Euro est un poison pour les économies n’est pas toujours vraie. En effet, pour les entreprises étrangères exportatrices, la réduction des coûts de transport et l’ouverture de l’économie africaine peuvent être des atouts d’implantation considérables. À ces éléments s’ajoute le rôle joué par le taux de change. Dans ce cadre, un euro fort peut être aussi est un élément très favorable pour attirer les entreprises exportatrices européennes. Par ailleurs, les entreprises étrangères, telles Bel et Danone dans l’agroalimentaire ou encore Aventis dans la pharmacie, investiront d’autant plus pour le marché africain que le pouvoir d’achat des africains le permettra.
Avant d’aller plus loin je veux bien apporter des contre-exemples au discours d’Agbohou. Je lui pose donc la question de savoir quelle est la parité actuelle du Zaïre qu’on appelle encore le Franc de la république démocratique du Congo par rapport à l’euro (1,00 CDF Congo/Kinshasa Francs = 0,00114836 EUR )et dans quel état se trouve l’économie du Congo démocratique ? En 1960 le Zaïre était plus fort que le Dollar à titre de rappel.
Ok , laissons de côté le Congo et parlons du Zimbabwé , quel est l’état de la monnaie zimbabwéenne ?(1,00EUR=47.404,60ZWD ou 1 ZWD = 0,0000210950 EUR.) l’économie Zimbabwéenne ? hyperinflationniste : une bouteille de bière coûte 8.000.000Z$ Le Zimbabwe a fini par émettre un billet de banque de 10 Millions. En gros il y a une forte dépréciation de la monnaie zimbabwéenne. La principale conséquence de l’inflation c’est de réindexer la valeur des biens par rapport au travail. Pour simplifier dans cet exemple il faudra plus de travail aux Zimbabwéens pour acquérir le même bien pour la simple raison que la dépréciation de leur monnaie impose cet effort là.
On a eu des exemples réels de pays africains qui ont refusé le "marché" vicié de la France avec son Franc CFA comme la Guinée Conakry de Sékou Touré et malgré toutes les richesses naturelles et humaines de ce pays il a aussi sombré dans la misère que tous ses voisins pour finalement revenir dans le "giron" francophone...Pourquoi? Situation actuelle (1 EUR = 6.897,01 GNF 1 GNF = 0,000144990 EUR). Certes l'échec de la tentative guinéenne, dans un contexte d'isolement, voire d'ostracisme politique, n'apporte pas la preuve que toute tentative est vouée à l'échec. Toutefois l'échec de la tentative guinéenne a des causes internes (régime dictatorial de Sékou Toure ) et externe ( isolement provoqué par la France...)...et c'est bien ce paramètre politique qu'il faut analyser en profondeur aussi pour éviter que les autres tentatives ( futures) ne soient pas également voués à l'échec.... Si on va un peu plus loin, j'aimerais juste rappeler que l'allié de la Guinée sous Sékou Touré était la défunte URSS (un pays désargenté), et sa politique de terreur ne permettait pas en plus de corriger les erreurs d'orientation.
Le Ghana a fait l’expérience de sa monnaie (Ghana Cedis) également les chiffres parlent d’eux-mêmes : Le 1 EUR = 15.725,33 GHC ou 1 GHC = 0,0000635917 EUR. Avec un 1€ on peut s’offrir le fruit du travail des Ghanéens alors qu’avec un Cedie Ghanéen on n’aura même pas droit à un bonbon.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets la Gambie est également à la traîne avec son Dalasi : 1 EUR = 31,6869 GMD et 1 GMD = 0,0315587 EUR. Cela vaut tout autant pour le Birr Ethiopien : 1 EUR = 15,0920 et ETB 1 ETB = 0,0662602 EUR. Dois-je citer également le Nakfa Erythréen 1 EUR = 23,7038 ERN 1 ERN = 0,0421873 EUR? Ou le franc djiboutien ? 1 EUR = 277,902 DJF 1 DJF = 0,00359839 EUR
Peut-être que la souveraineté monétaire du Nigeria avec la Naïra est une raison de se féliciter
1 EUR = 185,594 NGN et par conséquent 1 NGN = 0,00538809 EUR
Donc c’est bien beau de présenter des pays qui sont sortis du CFA et qui sont supposés avoir des économies florissantes. L’analyse partielle et biaisée d’Agbohou en ce qui concerne les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) pour illustrer la viabilité de certaines économies sortie du CFA est une approche quelque peu limite voire teintée de mauvaise foi car elle ne met pas en évidence les causes réelles qui ont dopé ces économies afin d’en faire des économies florissantes. Notamment les IDE, la manne du tourisme, les politiques fiscales de certains de ces pays pour attirer les capitaux étrangers et surtout l’investissement dans l’industrie pour sortir du système de production primaire et donner de la valeur ajoutée aux biens. Je renvoie ceux qui veulent plus clair sur le sujet sur les publications de Khadija El Issaoui, docteur et chercheur en économie.
Dans le cas du Maroc plus précisément : la contribution des Investissements Directs Etrangers (IDE) à l’investissement global s’est améliorée, passant d’une moyenne annuelle de 1,36% entre 1970 et 1990 à 12,39% entre 1991 et 2005. Quant à la part des IDE dans la richesse nationale, le Maroc a réalisé une progression importante entre 1990 et 2006. Le stock d’IDE accueillis par le Maroc rapporté au PIB s’élevait en 2006 à 52% contre seulement 9,7 % en 1990. De ce point de vue, si le Maroc dépasse largement l’Algérie (8,9% du PIB) et l’Egypte (36,4 % du PIB), il souffre encore d’un certain retard face à des pays comme la Tunisie (71% du PIB). En effet, il semble que le capital étranger demeure insuffisant pour soutenir la croissance et la diversification nécessaire de l’économie marocaine comme le confirme l’examen de la politique de l’investissement au Maroc élaboré par la CNUCED en 2007. Voilà donc la vérité elle ne repose pas sur des approximations mais sur des faits.
Il faut donc avoir la modestie de dire aussi que certaines tentatives isolées de création de la monnaie motivées par des théoriciens fantaisistes se sont avérées des échecs criards et notoires ; que certaines monnaies sont tellement faibles qu’elles asphyxient les économies des pays. Même si pour éclairé Agbohou ces notions sont faites pour faire peur et embrouiller les Africains.
Seul compte, pour garantir une monnaie, le rapport de sécurité M/P permettant d'apprécier la qualité de la politique monétaire. » Et d’exercer cette souveraineté avec probité, rigueur ; en appliquant des règles évidentes de bonne gestion/régulation des phénomènes monétaires.
La théorie économique enseigne également que la dévaluation peut être un remède lorsqu’il est pratiqué par un pays dans un environnement international stable et si toutes les conditions favorables sont remplies. Lorsqu’une dévaluation se produit dans un pays, la valeur de sa monnaie diminue en termes de monnaie étrangère. Les prix des produits nationaux paraissent alors moins élevés à l’étranger et le pays est normalement avantagé dans le commerce international.
Cette dévaluation n’est donc pas toujours comme l’a présenté Agbohou un poison pour nos économies.
L’argent
En quelle quantité sera produite cette nouvelle monnaie ? Quels sont les rouages de distribution de cette monnaie, quelles sont les formes (électronique, scripturale, fiduciaire etc.) que peut prendre cette monnaie dans la situation actuelle de nos pays ?
Dans quelle fourchette allons-nous battre cette nouvelle monnaie (billets et pièces) ?
Convertibilité par rapport aux monnaies fortes (£,$,€)
Admettons qu’une monnaie forte et durable soit créée et que nous ayons de quoi produire une certaine quantité de monnaie.
Comment jouer le jeu des spéculations et produire plus de monnaie que nécessaire (ce que font la plupart des pays occidentaux, car l'ensemble des valeurs monétaires est bien nettement supérieur à la valeur réelle des biens en circulation, mais cela ne serait pas nécessaire, il me semble dans un tel cas de figure). Si les occidentaux refusent toute convertibilité entre la nouvelle monnaie et leur monnaie ?
Echanges internationaux en dollars ou en Euros
Un fait avéré aujourd’hui c’est le fait que les échanges internationaux se font en dollars cependant, en achetant en dollars, nous finançons le déficit américain, raison pour laquelle les américains tiennent tant à imposer leur système. L'Europe l'a compris et a créé sa propre monnaie l’euro. Dans la perspective de la création d’une nouvelle monnaie comment nous nous défaisons de cette pratique ? Allons –nous imposer le Kamita comme autre alternative dans les échanges internationaux ? Ou alors allons nous nous contraindre la queue entre les pattes à acheter en Dollar avec l’inconvénient que cela comporte ?
Dans le contexte international actuel où il faudra faire accepter notre monnaie pour le change notamment, ne sera-t-on pas obligé de respecter les règles orthodoxes de finance publique et de monnaie??
La question qui se pose est celle des modalités de création et de fonctionnement de cette monnaie :
En effet, les biens sont échangés en fonction de leur valeur d'échange relativement à d'autres biens et pour faciliter les échanges la monnaie comme réserve de valeur et unité de compte est utilisée.
De fait, la valeur marchande d'un trajet à cheval est plus faible que la valeur marchande avec un train diesel. Ce n'est pas être versatile que de considérer que la valeur d'échange d'un trajet en train diesel est supérieure à la valeur d'échange d'un voyage à cheval.
Je ne pense pas qu'il faille mobiliser des éléments psychologiques pour régler le problème de la valeur d'échange entre 2 biens. Alors comment réglons nous le problème de la future valeur d’échange entre la future monnaie appelons là le Kamita et des monnaies de notoriété publique comme l’Euro le Dollar ou la Livre Sterling.
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3-Sa viabilité
Le facteur Humain (absence et gabegie)
Nous avons besoin d’hommes et de femmes pour rendre viable notre monnaie mais la faiblesse du capital humain en Afrique au niveau local est un fait établi. Je m'explique. Prenons, l'exemple du Burkina, la plupart des cadres formés par les institutions universitaires burkinabé travaillent à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso (cf. le livre d'Antoine Sawadogo) par contre les autres provinces sont insuffisamment dotées en personnels qualifiés pour suivre les stratégies élaborées définies depuis Ouagadougou pour l'ensemble du pays. C'est cela la faiblesse du capital humain au niveau local. Cet exemple du Burkina est aussi valable pour les 3 pays à gros effectif de diplômés de l'UEMOA le Bénin, la Côte d'Ivoire, et le Sénégal mais également pour la majorité des pays de la zone CFA. Cela entraîne de gros problèmes de coordination et je n’ose imaginer sur le plan Africain tout entier ou dans des pays comme le Libéria, le Tchad, la sierra Leone, le Soudan etc.
Si à cela j’ajoute des pays comme le Sénégal ou le Mali qui ont déjà signé des accords avec la France dans le cadre de l’immigration choisie en somme le peu de matière grise à disposition ira combler les effectifs déficients des pays développés.
Je veux bien passer sous silence le phénomène poignant de l’exode des cerveaux africains. Alors comment plombée par un facteur humain hautement déficient, cette monnaie va-t-elle pouvoir s’exprimer pleinement ?
Les rouages de fluidification de l’économie
• Les moyens de production (technologie/tracteurs vs machettes/houes/daba etc.)
• Le transport (routes, chemin de fer, avion, bateau etc.)
• Les réseaux de distribution (grossistes/détaillants/intermédiaires/marchés)
• Les industries de transformation
En toute honnêteté, l’Afrique dispose-t-elle de ces infrastructures essentielles non seulement à la production de sa richesse et mais aussi à l’évaluation de celle-ci par la nouvelle monnaie ?
Les facteurs d’attractivité de l’économie
Des études ont montré que les investisseurs étrangers attirés uniquement par la politique de privatisation et également par les mesures d’incitation fiscale et financière sont irréguliers, volatils et non durables. Ces caractéristiques bien qu’essentielles, ne sont pas suffisantes au décollage économique. Dans ce sens, les pays Africains se doivent dons d’accroître le niveau d’IDE au-delà des simples privatisations d’entreprises publiques.
Quant aux autres facteurs d’attractivité, l’analyse de la structure industrielle des pays de la zone franc (Kamita) de 1960 à 2007 montre un tissu industriel quasi inexistant il s’en suit un potentiel d’attractivité faible. En plus, la présence d’une main-d’œuvre pas suffisamment qualifiée est également un frein à l’investissement, notamment dans les industries à haute intensité technologique comme l’aéronautique et l’électronique.
Ce résultat nous permet de déduire que les politiques d’investissement dans le capital humain ont un impact négatif et sont à créer et à renforcer. Ces politiques auront un double effet dans la mesure où elles permettront d’attirer les IDE et également de maximiser leurs retombées positives.
Le facteur technologique
La tendance actuelle va vers la dématérialisation de la monnaie mais cette dématérialisation se sert des moyens technologiques. Hors l’Afrique présente un retard technologique conséquent alors comment allier le retard technologique actuel et la dématérialisation de la monnaie qui vise simplement une plus grande sécurité des échanges mais plus encore une rapidité. Time is money disent les Anglo-Saxons. Prenons un exemple camerounais : un fonctionnaire officiant à Yokadouma (sud-est du pays) doit faire le déplacement à la trésorerie de Yaoundé afin de toucher son salaire. Faire face à tous les fonctionnaires, aux moyens de paiement rudimentaires, à l’absence de structure bancaire à Yokadouma, etc. Coût de la transaction : deux semaines.
La majorité des régions de l’Afrique, comme l’Afrique occidentale par exemple il n’y a presque pas d’infrastructures, d’équipements, de moyens de communication etc.) et donc où il y a presque tout à faire, alors comment cette nouvelle monnaie va-t-elle arriver jusqu’aux populations pour qui elle est supposée être créée ?
Le retard technologique du continent a des conséquences sur ses quantités de production mais aussi sur la qualité des produits. Or, sur le marché international, nous faisons face à une concurrence multiple (quantitative, qualitative, faiblesse des coûts de production) imposée par les autres pays. Comment l’Afrique, affublée de sa seule monnaie flambant neuve, peut-elle espérer lutter dans un marché hyper concurrentiel sans avoir recours à des ersatz économiques financés par l’occident tels le commerce équitable etc . ?
Les acteurs économiques
Où sont les entreprises championnes et nationales, voire régionales, dans la zone de l’UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest) et dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ? Où sont les entreprises à majorité de capitaux sénégalais, béninois, congolais, tchadiens, qui exploitent les gisements miniers et le coton et qui exportent sur les marchés mondiaux ? Où sont les spécialistes africains, banquiers, traders, actionnaires, des entreprises de nationalités béninoises, congolaises capables d’influencer la stratégie des entreprises nationales ?
Où sont les acteurs économiques qui permettront à la nouvelle monnaie africaine de vivre et de survivre ?
Géopolitique internationale
Dans ce volet j’aimerai non pas débattre sur la géopolitique mais soumettre cette petite histoire au crible du raisonnement de tout un chacun. L’état de décrépitude des pays africains peut laisser penser que la dette est une catastrophe pour l’humanité, maintenant dans la plus extrême pauvreté des contrées entières possédant pourtant d’importantes richesses matérielles et humaines. Une tragédie sous-jacente, qui provoque en aval une multitude de drames insupportables. Mais cette tragédie n’est pas arrivée toute seule comme peut survenir un tremblement de terre ou un cyclone dévastateur. Elle est la conséquence de choix géopolitiques bien précis. Surtout elle est un puissant mécanisme de subordination des pays du Sud, un nouveau colonialisme en somme. Comme toujours, elle s’est jouée en 5 actes
Acte 1 : les années 1960-1970
Après la seconde guerre mondiale, les États-Unis ont instauré le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Ils ont investi massivement dans l’économie européenne pour l’aider à se remettre debout et les pays européens sont redevenus très vite des partenaires commerciaux privilégiés. De plus en plus de dollars (la monnaie de référence) circulent à travers le monde, et les autorités américaines tentent de freiner les demandes de conversion de dollars en or, pour ne pas assécher leurs coffres-forts. Elles encouragent alors les investissements des entreprises américaines à l’étranger, pour éviter le retour des dollars en excès et une flambée de l’inflation chez eux. Voilà pourquoi dans les années 1960, les banques occidentales regorgent de dollars (les eurodollars) pour lesquels elles sont en recherche de débouchés et d’investissements. Elles les prêtent alors aux pays du Sud, qui cherchent à financer leur développement, notamment les États africains nouvellement indépendants et les pays d’Amérique latine.
A partir de 1973, le choc pétrolier apporte des revenus confortables aux pays producteurs de pétrole qui les placent à leur tour dans les banques occidentales : ce sont les pétrodollars. Là aussi les banques les proposent aux pays du Sud, à des taux faibles pour les inciter à emprunter. Tous ces prêts provenant de banques privées constituent la partie privée de la dette extérieure des PED.
S’ajoutent à cela les États du Nord où à partir de ce choc pétrolier, la crise s’est installée. Les marchandises produites au Nord ont du mal à trouver preneur à cause de la récession et du début du chômage massif. Ces pays riches décident alors de distribuer du pouvoir d’achat au Sud, afin de les inciter à acheter les marchandises du Nord. D’où des prêts d’État à État, souvent sous forme de crédits d’exportations. En gros, je te prête 10 millions à bas taux, à condition que tu achètes chez moi des marchandises pour 10 millions... C’est la partie bilatérale de la dette extérieure des PED.
Le troisième acteur de cette histoire de l’endettement est la Banque mondiale. Institution née en 1944 alors que les États-Unis étaient en position de force sur la scène internationale, elle est profondément antidémocratique puisque le système adopté pour les États-membres est “1 dollar, 1 voix”. Les États-Unis possèdent plus de 17 % des droits de vote (ce qui leur fournit une minorité de blocage), alors que le groupe formé par 24 pays d’Afrique subsaharienne n’en détient que 2 %. A partir de 1968, son président est Robert McNamara, ancien ministre de la Défense américain qui a géré l’escalade de la guerre au Vietnam. Par l’intermédiaire de la Banque mondiale, McNamara va agir pour contrecarrer l’influence soviétique et les différentes tentatives nationalistes. Son combat va se placer sur le plan financier. De 1968 à 1973, la Banque mondiale va accorder davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968.
Ces prêts ont plusieurs buts parfaitement clairs. Tout d’abord soutenir les alliés stratégiques des États-Unis (Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, la dictature brésilienne puis plus tard les dictatures argentine et chilienne...) pour renforcer la zone d’influence américaine. Ils servent également à stopper le développement de certaines politiques visant à l’obtention d’une indépendance économique (Nasser en Egypte avec la nationalisation du canal de Suez, N’Krumah au Ghana, Manley en Jamaïque, Sukarno en Indonésie, etc.).
La Banque mondiale incite les pays du Sud à emprunter dans l’espoir affiché de financer la modernisation de leur appareil d’exportation et les connecter au marché mondial. C’est la partie multilatérale de la dette extérieure des PED.
Pendant ces années, l’endettement est encore supportable pour les pays du Sud car ces prêts leur permettent malgré tout de produire davantage, donc d’exporter plus et de récupérer des devises pour les remboursements et de nouveaux investissements.
Ces trois intervenants (banques privées, États du Nord, Banque mondiale), avec la complicité des classes dirigeantes du Sud, sont à l’origine d’une augmentation exponentielle de la dette (elle est multipliée par 12 entre 1968 et 1980), précédant un tournant tragique.
Acte 2 : la crise de la dette
A la fin de l’année 1979, pour sortir de la crise qui les frappe, lutter contre une inflation importante et réaffirmer leur leadership mondial après les échecs cuisants au Vietnam en 1975, en Iran et au Nicaragua en 1979, les États-Unis amorcent un virage ultralibéral, qui sera poursuivi après l’élection de Ronald Reagan à la présidence. Depuis quelques mois déjà, le Royaume Uni fait de même avec le gouvernement de Margaret Thatcher. Paul Volcker, le directeur de la Réserve Fédérale américaine, décide une forte augmentation des taux d’intérêt américains dans le but d’attirer les capitaux et ainsi de relancer la machine économique américaine. Les investisseurs de toute la planète sont donc fortement incités à placer leur argent aux États-Unis. Mais quel rapport avec la dette ?
C’est que jusque là les taux d’intérêt des emprunts accordés aux États du Sud étaient certes faibles, mais variables et liés aux taux américains. De l’ordre de 4-5 % dans les années 1970, ils passent à 16-18 % au moins, voire davantage au plus fort de la crise, car la prime de risque devient énorme. Par conséquent, du jour au lendemain, le Sud doit rembourser trois fois plus d’intérêts. En plein milieu du jeu, les règles ont été changées de façon délibérée : le piège s’est refermé.
De surcroît, les pays du Sud sont confrontés à un autre changement brutal : la baisse des cours des matières premières et des produits agricoles qu’ils exportent. La grande majorité des prêts a été contractée dans des monnaies fortes comme le dollar. Au cours des années 1970, les pays débiteurs doivent donc se procurer de plus en plus de devises pour rembourser leurs créanciers. Ils tentent alors d’exporter encore plus (café, cacao, coton, sucre, arachide, minerais, pétrole, etc.) pour récupérer davantage de devises, ce qui fait encore baisser les cours, vu l’absence de demande supplémentaire au Nord. Le Sud se retrouve pris dans l’étau de la dette sans bien sûr pouvoir faire face à ses échéances. C’est la crise de la dette.
En août 1982, le Mexique est le premier à annoncer qu’il n’est plus en mesure de rembourser. C’est la fin de l’acte 2, court mais brutal.
Acte 3 : les plans d’ajustement structurel
Cette crise de la dette résonne comme un coup de tonnerre dans le monde politique et économique. Les institutions internationales, censées réguler le système et prévenir les crises, n’ont rien vu venir.
Dès qu’un pays est contraint de stopper ses remboursements, le Fonds Monétaire International (FMI) arrive en pompier financier. Mais un drôle de pompier, qui a exacerbé le vice des pyromanes...
Plus personne d’autre ne veut prêter à ces pays qui ne peuvent plus rembourser. Le FMI est leur seul recours. Il accepte de prêter l’argent nécessaire (qui permet surtout de sauver les créanciers - souvent privés - du Nord), au taux fort bien sûr, mais à condition que le pays concerné accepte de mener la politique décidée par ses experts : ce sont les fameuses conditionnalités du FMI. En un mot, la politique économique de l’État endetté passe sous contrôle du FMI et de ses experts ultralibéraux. Là se situe l’apparition d’une nouvelle colonisation : une colonisation économique. Même plus besoin d’entretenir une administration et une armée coloniale sur place, le mécanisme de la dette se charge tout seul de gérer la dépendance.
Les mesures préconisées sont inscrites dans un Plan d’ajustement structurel (PAS), qui correspond toujours au même schéma : abandon des subventions aux produits et services de première nécessité : pain, riz, lait, sucre, combustible... ; austérité budgétaire et réduction des dépenses, en général baisse drastique des budgets sociaux “non-productifs” (santé, éducation, subventions aux produits de base) ; dévaluation de la monnaie locale ; taux d’intérêt élevés, pour attirer les capitaux étrangers avec une rémunération élevée ; production agricole toute entière tournée vers l’exportation (café, coton, cacao, arachide, thé etc.) pour faire rentrer des devises, donc réduction des cultures vivrières et déforestation pour gagner de nouvelles surfaces ; ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières ; libéralisation de l’économie, notamment abandon du contrôle des mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes ; fiscalité aggravant encore les inégalités avec le principe d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la préservation des revenus du capital ; privatisations massives des entreprises publiques, donc un désengagement de l’État des secteurs de production concurrentiels... La potion est très amère.
Par exemple, au Mali, Alpha Oumar Konaré est élu Président en 1992, après la dictature du général Moussa Traoré. Sa politique est docile à l’égard du FMI et son but est le rétablissement des grands équilibres macro-économiques. Il s’applique à promouvoir les activités marchandes privées et à assainir le secteur public, comme on dit au FMI. Les effectifs de la fonction publique passent alors de 45 000 en 1991 à 37 700 en 1998, et les salaires publics subissent une baisse en valeur réelle comprise entre 11 % et 18 %. La pression fiscale est passée de 8,5 % en 1988 à 14 % en 1998, tandis que les dépenses courantes sont passées de 15 % du PIB à 10,8 %. Et le gouvernement est tout fier d’en déduire que sur le plan des grands équilibres, “la politique d’ajustement a permis une amélioration notable” ! Sur les 90 entreprises publiques en 1985 au Mali, il en reste 36 en 1998, 26 ayant été liquidées et 28 privatisées. Si bien qu’en 1988, 75 % des recettes fiscales du gouvernement passaient dans la masse salariale de ses fonctionnaires, contre 27 % en 1998. C’est ce que le gouvernement qualifie d’ “assainissement notable des dépenses”. Et ça continue : en 2000, audits de la Caisse de Retraite du Mali (CRM) et de l’Institut National pour la Prévoyance Sociale (INPS) et adoption d’un plan d’assainissement de leurs finances ; vente de 60 % du capital d’Électricité du Mali (EDM) ; vente de l’Hôtel de l’Amitié ; privatisation à 35 % de la Société Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (SONATAM), avec privatisation totale en vue ; liquidation de la Société Malienne de Matériel de Travaux Publics (SLMTP), de l’Office des Relais Touristiques (ORT) et de la Société Nationale de Recherche et d’Exploitation Minière (SONAREM).
Pourtant le niveau de vie des populations ne décolle pas pour autant. Quelques chiffres suffisent : en 1999, le taux brut de scolarisation primaire est de 56 % ; le nombre moyen d’élèves par enseignant dans le primaire est 79 ; 27 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition ; 59 % de la population a accès à un centre de santé à moins de 15 km ; 17 % des logements sont équipés de l’eau courante et 12 % de l’électricité.
Autre exemple : en juillet 1999, le FMI a accordé un crédit à Madagascar. En échange, le gouvernement procède à d’importantes réformes structurelles, comme la privatisation de la seconde banque publique du pays (une banque agricole), ainsi qu’à la libéralisation des secteurs des télécoms, de la pêche et des ressources minières. La compagnie pétrolière publique (Solima) fut privatisée avec retard, en juin 2000 seulement. Mais, comme le pays appliquait gentiment la politique qu’on entendait lui imposer, il méritait une nouvelle bouffée d’oxygène financière. Dès juillet 2000, la première tranche d’un nouveau crédit d’ajustement structurel de la Banque mondiale fut débloquée. C’est donnant-donnant...
En outre, le FMI a l’habileté de faire reposer la responsabilité de ces décisions sur les gouvernements en place au Sud. Tous les ans, chaque État doit établir des rapports analysant la situation économique et traçant des perspectives pour l’avenir. Dans un sens ultralibéral, bien évidemment. Les prêts et rééchelonnements divers ne sont accordés qu’à condition que ces rapports aillent dans le “ bon ” sens, complétés par des visites de gentlemen de la Banque Mondiale ou du FMI pour s’en assurer directement. En fait, les institutions financières internationales font signer par les autorités en place la liste de leurs propres revendications, pour mieux expliquer le cas échéant qu’elles n’ont fait qu’entériner les choix des autochtones... Le mécanisme de la dette est un mécanisme de subordination très subtil et très impressionnant.
Acte 4 : L’utilisation des sommes au Sud
Les emprunts massifs contractés par les dirigeants des pays du Sud n’ont pourtant que très peu profité aux populations. La majeure partie fut décidée par des régimes dictatoriaux, alliés stratégiques de grandes puissances du Nord. Une partie importante des sommes empruntées a été détournée par ces régimes corrompus. Ils ont d’autant plus facilement accepté d’endetter leur pays qu’ils ont prélevé au passage des commissions avec le soutien des autres acteurs de l’endettement. Comment expliquer qu’à sa mort, Mobutu Sese Seko, à la tête du Zaïre pendant plus de 30 ans, disposait d’une fortune estimée à 8 milliards de dollars, équivalant aux deux tiers de la dette de son pays, sans compter l’enrichissement de ses proches ? Ou qu’à Haïti, en 1986, la dette extérieure s’élevait à 750 millions de dollars lorsque la famille Duvalier, qui a gouverné d’une main de fer pendant trente ans (d’abord François - dit Papa Doc - puis Jean-Claude - dit Bébé Doc), a pris la fuite vers la Côte d’Azur française avec une fortune évaluée à plus de 900 millions de dollars ? Quelle autre explication trouver à l’enrichissement de la famille de Suharto en Indonésie dont la fortune, au moment où il a été chassé du pouvoir en 1998 après 32 ans de règne, était estimée à 40 milliards de dollars, alors que son pays était en plein marasme ?
Parfois, comme dans le cas de la dictature argentine (1976-1983), la situation est ubuesque. Pendant cette période, la dette a été multipliée par 5,5 pour s’élever à 45 milliards de dollars en 1983, essentiellement contractée auprès de banques privées, avec l’accord des autorités américaines. Dès 1976, un prêt du FMI avait donné un signe fort aux banques du Nord : l’Argentine de la dictature était fréquentable. La junte au pouvoir a recouru à un endettement forcé des entreprises publiques, comme la compagnie pétrolière YPF dont la dette externe est passée de 372 millions de dollars à 6 milliards de dollars, elle a donc été multipliée par 16 en 7 ans. Mais les devises empruntées à cette époque ne sont pratiquement jamais arrivées dans la caisse des entreprises publiques. Les sommes empruntées aux banques des États-Unis y étaient en grande partie replacées sous forme de dépôts, à un taux inférieur à celui de l’emprunt. On a assisté alors à un enrichissement personnel des proches du pouvoir dictatorial via des commissions importantes. A titre d’exemple, entre juillet et novembre 1976, la Chase Manhattan Bank a reçu mensuellement des dépôts de 22 millions de dollars et les a rémunérés à environ 5,5 % ; pendant ce temps, au même rythme, la Banque centrale d’Argentine empruntait 30 millions de dollars à la même banque à un taux de 8,75 %. Tout cela s’est fait avec le soutien actif du FMI et des États-Unis, permettant un maintien du régime de terreur tout en rapprochant l’Argentine des États-Unis après l’expérience nationaliste de Peron et de ses successeurs.
Ainsi, la dette s’est accrue très vite, tout comme la richesse personnelle des proches du pouvoir. Ce fut également bénéfique pour les banques du Nord : l’argent revenait en partie dans leurs coffres, et pouvait être prêté de nouveau à d’autres qui l’ont eux aussi remboursé... De plus, la fortune des dictateurs était très utile aux banques car elle leur servait de garantie. Si soudain le gouvernement d’un pays endetté montrait de la mauvaise volonté à rembourser les prêts contractés au nom de l’État, la banque pouvait gentiment menacer de geler les avoirs personnels secrets des dirigeants, voire de les confisquer. La corruption et les détournements ont donc joué un rôle important.
Par ailleurs, l’argent qui parvenait tout de même dans le pays emprunteur a été utilisé de manière bien ciblée.
Les crédits sont allés en priorité aux méga-projets énergétiques ou d’infrastructures (barrages, centrales thermiques, oléoducs...), très souvent inadaptés et mégalomaniaques, que l’on a surnommés « éléphants blancs ». Le but n’était pas d’améliorer la vie quotidienne des populations sur place, mais plutôt de parvenir à extraire les richesses naturelles du Sud et les transporter facilement vers le marché mondial. Par exemple, le barrage d’Inga au Zaïre a permis de tirer une ligne à haute tension sans précédent de 1.900 kilomètres vers le Katanga, province riche en minerais en vue de leur extraction. Mais cette ligne ne s’est pas accompagnée de l’installation de transformateurs pour fournir de l’électricité aux villages qu’elle survole...
Cette logique prévaut encore régulièrement, comme le prouve la construction du pipe-line Tchad-Cameroun, lancé au milieu des années 1990 et permettant d’amener le pétrole de la région de Doba (Tchad, enclavé) au terminal maritime de Kribi (Cameroun), à 1.000 kilomètres de là. Sa mise en place se fait au plus grand mépris des intérêts des populations. Par exemple, à l’origine, pour indemniser les populations des dommages causés par ce projet cofinancé par la Banque mondiale et associant Shell, Exxon et Elf, les responsables ont proposé 3000 FCFA (4,5 dollars) par pied de manguier détruit, alors que selon le député tchadien Ngarléjy Yorongar, la première production de cet arbre peut donner 1000 mangues dont chacune peut se négocier environ 100 FCFA (0,15 dollar)...
L’achat d’armes ou de matériel militaire pour opprimer les peuples a aussi compté dans la montée de l’endettement. Nombre de dictatures ont maintenu leur emprise sur les populations en achetant à crédit des armes, avec la complicité active ou passive des créanciers. Les populations d’aujourd’hui remboursent donc une dette qui a permis d’acheter les armes responsables de la disparition des leurs, que l’on pense aux 30.000 disparus en Argentine sous la dictature (1976-1983), aux victimes du régime d’apartheid en Afrique du Sud (1948-1994) ou du génocide au Rwanda (1994). L’argent emprunté servait aussi à alimenter les caisses noires des régimes en place, pour compromettre les partis d’opposition et financer des campagnes électorales coûteuses et des politiques clientélistes.
Les prêts vont aussi en priorité à l’aide liée. L’argent sert alors à acheter des produits fabriqués par les entreprises du pays créancier, contribuant à redresser sa balance commerciale. Les besoins réels des populations des PED passent au second plan.
Infrastructures imposées par les multinationales du Nord, aide liée, achat d’armes pour une répression massive, détournements et corruption, voilà à quoi ont servi les sommes empruntées pendant des décennies.
Acte 5 : la coupe déborde
Dans les années 90, dans leur très grande majorité, les pays en développement sont tombés sous la coupe du FMI. Mais rien n’est réglé pour autant, bien au contraire. La dette continue sa course folle, on l’a vu, et les crises financières se multiplient. L’ouverture totale du Tiers Monde aux capitaux étrangers et les mesures libérales imposées par le FMI ont attiré des capitaux fortement volatils, prêts à déguerpir dès les premiers signes de fragilité économique. Ce fut le cas en Amérique du Sud en 1994, puis en Asie du Sud-Est en 1997, en Russie en 1998, de nouveau en Amérique latine en 1999, en Turquie entre 1999 et 2002, en Argentine en 2001-2002, au Brésil en 2002. Mais toujours et partout, les mêmes recettes sont imposées : de nouveaux prêts en échange d’une libéralisation accentuée de l’économie. D’ailleurs ces nouveaux prêts alourdissent la dette, mais ne sont pas destinés à restaurer un peu de bien-être pour les populations du Sud. Ils sont juste là pour permettre à l’État en crise de rembourser ses créanciers du Nord, souvent responsables d’investissements risqués et hasardeux...
A chaque fois, la priorité est donnée à la poursuite du remboursement de la dette. Ainsi, depuis la crise de 1994, les revenus des exportations de pétrole du Mexique transitent par un compte situé au États Unis, et un magistrat américain a l’autorisation de bloquer les flux de ce compte vers le Mexique s’il ne rembourse pas sa dette. Les États ainsi dominés par le FMI perdent leur souveraineté : c’est effectivement une colonisation économique.
La dégringolade du prix des matières premières se poursuit inexorablement. Ce que l’on observe ressemble bien plus à du pillage des ressources du Sud qu’à des échanges commerciaux équitables.
Au milieu des années 90, les dirigeants des pays les plus riches sont particulièrement inquiets pour le système financier international. En 1996, le sommet du G7 de Lyon décide donc de lancer une initiative fort médiatisée pour alléger quelque peu la dette des pays pauvres : l’initiative PPTE (« Pays pauvres très endettés »).
Cette initiative, renforcée au sommet du G7 de Cologne en 1999, est censée alléger la dette des pays pauvres et très endettés. Mais elle est mal née : elle ne résout rien. Elle ne concerne qu’un petit nombre de pays très pauvres (42 sur 165 PED) et son but se limite à rendre leur dette extérieure soutenable. Le FMI et la Banque mondiale essaient d’alléger la dette juste ce qu’il faut pour mettre fin aux arriérés et aux demandes de restructurations, sans même y parvenir d’ailleurs. Mais surtout ils profitent de cette initiative qui semble généreuse pour imposer un renforcement de l’ajustement structurel. Malgré une apparence de changement, la logique demeure.
Pour bénéficier d’un allégement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE, les étapes sont nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long.
Tout d’abord, les pays susceptibles d’y prétendre doivent, selon le FMI, « avoir un degré d’endettement intolérable » et « établir des antécédents positifs dans la mise en œuvre de réformes et de bonnes politiques économiques au moyen de programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale ». Il s’agit d’un véritable parcours du combattant. Le pays concerné par cette initiative doit d’abord signer un accord avec le FMI afin de mener pendant une période de trois ans une politique économique approuvée par Washington. Cette politique s’appuie sur la rédaction d’un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document précise dans le détail la liste des privatisations, les mesures de dérégulation économique permettant de générer des ressources pour le remboursement de la dette d’une part, et comment d’autre part les fonds résultant de l’allégement seront utilisés, notamment pour lutter contre la pauvreté. On voit la contradiction.
À l’issue de cette période de trois ans, le FMI et la Banque mondiale cherchent à savoir si la politique suivie par ce pays est suffisante pour lui permettre de rembourser sa dette. Le critère retenu pour déterminer une éventuelle insoutenabilité de la dette est le rapport entre la valeur actuelle de sa dette et le montant annuel de ses exportations. Grosso modo, si ce ratio est supérieur à 150 %, la dette est estimée insoutenable. Dans ce cas, ce pays atteint le point de décision et est déclaré admissible à l’initiative PPTE.
Un pays ayant atteint favorablement le point de décision doit alors poursuivre l’application des politiques agréées par le FMI et rédiger un DSRP définitif. La durée de cette période varie entre un et trois ans, elle est déterminée par la rédaction du DSRP et la mise en œuvre satisfaisante des réformes-clés convenues avec le FMI. Ces réformes-clés correspondent en fait à un renforcement de l’ajustement structurel des années 1980 et 1990, rebaptisé DSRP pour la circonstance.
Puis arrive le point d’achèvement. Le pays bénéficie alors d’une légère réduction du stock de sa dette extérieure de façon à la rendre soutenable. L’allégement permet finalement de faire payer les PED au maximum de leurs possibilités. En fait, on annule essentiellement les créances impayables. L’initiative PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de générosité. En 2000, soit quatre ans après le début de l’initiative, les 42 PPTE ont transféré des sommes colossales au Nord : le transfert net sur la dette a été négatif pour eux d’environ 2,3 milliards de dollars.
Dès 2000, la CNUCED est très claire : « Les espoirs que l’on fonde actuellement sur la mise en œuvre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ne sont pas réalistes. L’allégement de la dette envisagé ne suffira pas à rendre celle-ci supportable à moyen terme (...) ; par ailleurs, l’ampleur de l’allégement de la dette et la manière dont il interviendra n’auront pas d’effets directs majeurs sur la réduction de la pauvreté. »
Au total, 34 parmi les 42 PPTE sont des pays d’Afrique subsaharienne, auxquels il convient d’ajouter 4 pays d’Amérique latine (le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, le Guyana), 3 pays d’Asie (le Laos, le Vietnam et Myanmar) et le Yémen. Seuls les pays très pauvres et très endettés peuvent espérer de légers allégements. Ainsi le Nigeria est très endetté, mais comme il s’agit d’un pays producteur de pétrole, il n’est pas jugé assez pauvre. Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète, n’est pas jugé assez endetté pour être éligible. Et les pays où vivent la plupart des pauvres de la planète ne sont pas concernés : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, les Philippines, le Pakistan, etc. Les PPTE ne représentent que 11 % de la population totale des PED. Comment espérer sortir de l’impasse financière actuelle où sont plongés tous les PED avec une telle initiative ?
Même ces 42 pays ne seront pas tous bénéficiaires d’allégements. En effet, le Laos ne demande pas à profiter de cette initiative, parce que ses dirigeants jugent qu’elle apporte plus d’inconvénients que d’avantages. De plus, 4 pays sont arrivés au point de décision et ont eu une réponse négative : l’Angola, le Kenya, le Vietnam et le Yémen. Leur endettement est jugé soutenable, même si par exemple l’Angola, ravagé par 25 ans de guerre civile entretenue par les multinationales pétrolières, a dû affronter en 2002 une famine sans précédent sur son territoire... Enfin, les prévisions indiquent que trois autres pays ne sont pas en mesure de bénéficier de l’initiative (à cause d’un état de guerre ou d’un manque de coopération avec les pays riches) : le Liberia, le Soudan et la Somalie, ainsi sanctionnés parce qu’ils ne sont pas politiquement corrects. L’initiative PPTE concerne donc au mieux 34 pays.
En décembre 2002, 26 pays avaient atteint le point de décision, et 6 d’entre eux avaient atteint le point d’achèvement : l’Ouganda, la Bolivie, le Mozambique, la Tanzanie, le Burkina Faso et la Mauritanie.
La CNUCED est toujours très lucide dans son rapport de septembre 2002 : « Après presque deux décennies de programmes d’ajustement structurel, la pauvreté a augmenté, la croissance est le plus souvent lente et erratique, les crises rurales se sont aggravées et la désindustrialisation a mis à mal les perspectives de croissance. Depuis deux ans la réduction de la pauvreté est devenue l’objectif fondamental des programmes et des activités des institutions financières internationales en Afrique et dans d’autres pays à faible revenu. Ce changement d’attitude mérite d’être salué. Mais y a-t-il eu une évolution des esprits ? » Ou encore : « Un examen détaillé des mesures macroéconomiques et d’ajustement structurel figurant dans les DSRP permet de constater qu’il n’y a pas de remise en cause fondamentale des conseils formulés dans le cadre de ce que l’on appelle le Consensus de Washington. » Detlef Kotte, l’un de ses cadres dirigeants, n’hésite pas à écrire : « Le FMI ou la Banque mondiale ont changé les mots, changé les sigles, changé leur mode de consultation, mais n’ont rien changé à leur credo. » On le voit, aujourd’hui le problème de la dette reste entier.
J’espère que cette petite histoire est assez parlante pour les uns et les autres. Aussi quand on joue une partie d’échecs contre quelqu’un il faut comprendre les règes du jeu et ne jamais jouer au coup par coup. Qui dirige la partie ? Quelles sont les règles du jeu ? Quel est le prochain objectif de celui qui mène cette partie ? par quel coup je peux me sortir d’une mauvaise passe ? Autant de questions qu’il faut se poser avant de juger que la création de monnaie est le seul exutoire.
Aussi de manière insoluble il reste le problème de la dette Comment allons nous contrecarrer l’action ce ceux qui nous chargent de dettes ? Comment payer nos dettes? (bailleurs de fonds « FMI et Banque Mondiale » et nos créanciers)
Faudrait-il songer à refuser de payer les "dettes" de nos pays, puis faire valoir l’idée du remboursement ? Et espérer que l'excédent qui a été versé aux occidentaux par leurs mécanismes peu fair-plays afin de se faire dédommager de tout (dégâts écologiques, pollutions, et dettes morales et historiques).
Avant le tournant des années 90, la majorité des guerres civiles reflétaient l’opposition Est-Ouest, communisme-libéralisme. De nos jours, elles s’apparentent, du moins du côté des rebellions, à une lutte pour plus de justice, de démocratie et de liberté
• Commerce international : L’agriculture subventionnée
Notons que l’économie africaine est prioritairement dépendante du secteur primaire. (Production à faible valeur ajoutée cacao, café, bois, hévéa, etc.)
Par quels moyens cette nouvelle monnaie va-t-elle contourner l’écueil que constituent les subventions des pays riches (USA, PAC pour l’Europe) sur le marché international ? Comment l’agriculteur malien va-t-il pouvoir ne pas vendre son coton à perte sur ledit marché ? Comment cette nouvelle monnaie va-t-elle défendre les intérêts des africains dans le cadre des accord de l’OMC ?
Les économies
En absence de crédit, l'Economie ne peut pas s'épanouir de fait les pays africains riches en ressources naturelles sont économiquement pauvres, s’ils ne peuvent exercer librement leur droit de battre-monnaie.
La monnaie étant un bien vide, parce que fabriquée à partir de la seule garantie du retour d'investissement. En d’autres termes, la monnaie n’est pas une richesse, elle permet de mesurer la valeur marchande des richesses produites/échangées ; de liquider les transactions économiques concourant à la mise à disposition desdites richesses. Cette nouvelle monnaie va mesurer quelles valeurs marchandes en comparaison avec les autres acteurs économiques internationaux ?
La production de la monnaie ne suit qu'une logique, celle du crédit à la production. Il s’ensuit que pour un Etat, en principe créer de la monnaie, c’est faire crédit à l’économie en échange de biens et services à destination publique alors notre nouvelle monnaie traduira quel crédit à quelle production ?
Le fait de créer un nouvelle monnaie n’est pas un coup de baguette magique pour notre développement ne passe pas que par cet acte. Alors comment cette nouvelle monnaie va-t-elle nous défaire des travers de nos gestions calamiteuses ? Comment cette nouvelle monnaie va-t-elle participer à la réduction des dépenses injustifiables et contre-productives (dettes, fuites de capitaux, thésaurisation des capitaux, la dépendance économique envers l'étranger, etc...) Comment cette idée de créer une nouvelle monnaie nous défait et résout ces problèmes ?
Si l'idée d'une monnaie africaine est plaisante, mais au jour d'aujourd'hui, avec des leaders qui ne font absolument aucune différence entre leurs poches et le trésor public, avec des pays qui affolent tous les indicateurs de corruption, on coulerait à pic, mais je peux me tromper, bien sûr.
La majorité des pays qui sont supposés garantir la pérennité de la dite nouvelle monnaie sont des Etats en crise, des Etats qui sont en crise car ils subissent de plein fouet les dévaluations, l’ostracisme des bailleurs de fonds occidentaux, une gestion calamiteuse et de plus ils n'ont pas diversifié leurs sources d'approvisionnement fiscal, la majorité de ces Etats se sont contentés de la fiscalité de porte quand ils ne pratiquent pas de manière forcée un politique protectionniste afin de lever de maigre revenus fiscaux. De fait, cette stratégie a favorisé une économie extravertie dont la principale activité est l'import export. Ces pays ne peuvent pas lever beaucoup d'impôts par voie de fait parce qu'ils n'ont pas augmenté leurs sources de richesse à partir de leurs rentes dégagées sur les avantages comparatifs qu'ils disposaient avec l'économie de traite coloniale. Un Etat doit être réactif et proactif dans la mise en place des infrastructures favorisant de nouvelles sources de richesse. La règle étant ne pas toujours mettre ses œufs dans un même panier. Alors avec des économies peu structurées qui sont dotées d’assiettes fiscales étroites qui nt des pratiques économiques qui vont à l’encontre du bon sens le plus élémentaire comment arrive-t-on à devenir actif et proactif grâce à la nouvelle monnaie ? De plus, des études ont montré que les investisseurs étrangers attirés uniquement par la politique de privatisation et également par les mesures d’incitation fiscale et financière sont irréguliers, volatils et non durables. Ces caractéristiques bien qu’essentielles, ne sont pas suffisantes au décollage économique de nombre de pays Africains. Alors le kamita suffira-t-il à assurer le décollage économique de tous les pays africains moribonds ?
Les facteurs de convergence
Certes, il y a d’abord et surtout l’hétéronomie politique séculaire de l’Afrique et ses corollaires en matière de gaspillages, gabegie, corruption, etc. Mais du point de vue économique, le nœud du problème réside dans la maîtrise des phénomènes financiers et leurs oripeaux tels que le crédit, le surendettement, le déficit budgétaire, l’impôt, etc.
Alors face à ce lourd fardeau comment est-il possible de trouver des facteurs de convergence à ses différents pour assurer la viabilité de cette monnaie avec un tel passif en plus des tentatives de déstabilisation venant de l’intérieur de la part de ses détracteurs, des puissances colonisatrices qui la voient d’un mauvais œil .
Stabilité politique des états membres
Aujourd’hui en Afrique, quatorze (18) pays sont en guerre ou vivent une situation précaire d’après-guerre ou encore, sont embourbés dans un contexte qui, s’il n’est pas celui de guerre, peut malheureusement en constituer l’étape préliminaire
La Guinée Conakry, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone ; en Afrique de l’Est, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Somalie, le Soudan et l’Ouganda ; en Afrique centrale, le Burundi, la République démocratique du Congo et le Rwanda, le Tchad, la Centrafrique, le Cameroun ; enfin en Afrique australe, l’Angola et le Zimbabwe.
A titre d’exemple, Somalie demeure fragmentée, sans Etat, comme « hors du monde », malgré une dizaine de tentatives de réconciliation en cinq ans. Entre l’Ethiopie et l’Erythrée, le conflit tourne à la boucherie, pour quelques arpents de frontière, entre frères d’armes devenus ennemis...
En Algérie, au fil des cinq dernières années, l’horreur s’est banalisée...
En Angola, une « guerre de cent ans » s’est de nouveau rallumée, signant un des échecs les plus retentissants de l’ONU et de la communauté internationale, dans un pays qui avait été le théâtre sanglant d’un des grands affrontements Est-Ouest des années 70 et 80, et où un siècle - de paix ! - serait nécessaire pour venir à bout du déminage...
Je fais fi des pays comme le Libéria ou la sierra Léone, du soudan du Tchad ou même de la Centrafrique.
Ma question est simple est-ce dans ce contexte politique et surtout avec de tels acteurs économiques qu’on peut rendre viable une nouvelle monnaie ?
On peut aller un peut plus loin dans le raisonnement ici à savoir le mécontentement qui gangrène la majorité des pays africains sur l’augmentation du coût de la vie du fait de l’augmentation du prix des céréales ou du pétroles avec le contrecoup direct sur des économies moribondes. Comment dans un contexte international explosif une telle monnaie peut être viable ?<
